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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant rendez-vous avec Didière.

J’étais excité comme une puce ; si j’avais eu un chien j’aurais passé ma journée à lui bouffer le dos, mais je n’en ai pas et c’est tant mieux car ça n’aurait pas été marrant comme journée.

En trois sauts je me suis rendu à la salle de bain où je me suis astiqué le gaillard et d’autres parties de mon anatomie, tel les écoutilles, le beaupré, le petit foc et tout de suite après, comme c’était prévisible, le grand ; je me suis briqué le cacatois ; je me suis brossé la bouche à feux ; je me suis passé un peu de brigantine et comme j’étais fin prêt pour le branle bas, j’ai mis les voiles.

 

La concierge n’était pas dans les escaliers mais debout dessus comme à son habitude.

Elle m’a dit que j’étais beau comme un sou neuf.

Peut-être était-ce une allusion à ses étrennes que j’avais oublié.

 

Pour me donner du courage, je me suis arrêté dans le bistrot qui est toujours dans mes favoris en bonne place.

Gustrave le Tenancier a sifflé lorsque je suis entré.

-          Tu es fier comme Harpagon, qu’il m’a dit.

Je pense qu’il voulait dire Artaban, à moins que ce ne soit une allusion à mon ardoise.

Je n’ai pas fait long feu car je brûlais d’amour mais aussi et surtout comme je n’avais pas encore reçu ma pension du mois de milliardaire à vie, je n’avais pas envie qu’il me prenne la tête pour une sordide histoire d’argent que je n’avais pas.

 

Je me suis rendu d’un pas guilleret au parc pour la bonne et simple raison que c’est là que j’avais rendez-vous.

Le parc a ceci de particulier que l’on peut s’y perdre d’amour si on ne fait pas attention.

Je n’avais pas l’intention d’errer comme une âme en peine à jouir aussi j’ai fait très attention.

J’ai balisé le chemin avec des petits cailloux blancs que je lançais à la cantonade tel des petits cailloux blancs.

 

Didière m’avait posé un lapin.

Il était dans un panier en osier à m’attendre bien sagement.

Je l’ai pris dans mes bras. Il était tout blanc avec de grands yeux d’albinos, et très doux à caresser.

Il a voulu me grignoter un doigt et je lui ai filé une baffe.

Mais ce connard a continué alors je lui ai mordu la queue pour qu’il comprenne.

Il a été vexé et ne m’a plus adressé la parole, ce qui ne me dérangea pas outre mesure puisqu’il n’avait encore rien dit.

Comme je n’aime pas les animaux, je l’ai donné à une petite mendiante qui m’a promis de bien s’occuper de lui dans une casserole.

 

Et Didière est apparue

 

Didière est apparue

 

Didière 

 

apparue

 

Elle n’était qu’une petite tache tout au bout de l’allée.

Une petite tache lumineuse.

A mesure qu’elle approchait, comme par miracle, elle se faisait plus nette.

C’est bien, j’ai pensé, parce que ça m’aurait gêné qu’elle reste une tache.

Et puis, j’ai distingué ses traits, sa bouche, ses yeux, son nez, et encore sa bouche, et encore son nez et encore ses yeux, et toujours sa bouche qui, malgré la distance me séparant d’elle qui rapetissait au gré de ses pas, restait toujours aussi petite alors que ses yeux doublaient de volume.

J’ai pris conscience qu’elle avait une toute petite bouche et de grands yeux.

Bleus.

Non verts.

Peut-être bien bleus.

Daltonien, c’est pas pratique pour les couleurs.

Elle m’a souris.

C’est le morceau que je préfère.

-          Bonjour Didière.

-          Je m’appelle Raymonde.

-          C’est joli, m’exclamais-je.

J’étais prêt à tout accepter.

Nous avons passé un après-midi formidable, surtout moi.

Je buvais ses paroles, je la mangeais des yeux jusqu’à plus soif.

 

Là, il y a un temps qui n’est qu’à nous, vous n’avez qu’à aller faire un tour en attendant, lire une poésie à la con, c’est pas ce qui manque, aller pisser, comme si c’était une pub, vous chatouiller ou faire  je ne sais pas quoi d’autre de lubrique avec votre main si ça vous dit, ce n’est pas mon problème et je ne vous demanderais rien car je m’en fous parce que moi je suis avec elle, alors ce que vous pouvez foutre, je m’en tape un max Simone, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Et puis nous sommes séparé alors que la nuit tombait doucement avec grâce et humilité, dans la vie il faut toujours se séparer à un moment ou à un autre, j’aurais préféré à un autre.

-          Bonsoir Didière.

-          Je m’appelle Raymonde.

-          C’est pas grave, que j’ai dit.

Et elle s’est éloignée redevenant une petite tache, mais de dos.

Mais je savais pour sa bouche, je savais pour ses yeux, je savais pour son nez, et je savais encore pour sa bouche, et encore pour ses yeux, et encore pour son nez,  oui je savais tout ça, comme si j’étais de l’autre côté d’elle, du côté où elle arrive.

Et elle a disparu avec le jour.

Et le parc était vide.

C’est étrange comme le vide peut prendre toute la place.

J’ai voulu courir pour lui dire

pour lui dire

pour lui

dire

Mais j’ai pas bougé.

Je crois bien que j’étais mort.

 

Il n’y avait plus qu’elle dans mes favoris, du coup j’ai pas été boire un coup, j’ai pensé que je n’en avais pas tiré non plus.

Et ça m’a fait chier.

 

Je suis allé direct me coucher, tout habillé d’elle.

Et nous allons passer une nuit merveilleuse, surtout moi.

J’espère que demain je me réveillerais en étant moins con.

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commentaires

pascale 07/03/2006 23:01

J'ai adoré !!! deuxième passage ici, deuxième lecture : rien de tel pour se coucher de bonne humeur que de te lire !Merci

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