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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant rendez-vous avec Dieu.

J’avais reçu un message sur mon répondeur la veille au soir.

C’était Dieu, avec sa grosse voix de Tout Puissant qui me donnait rendez-vous chez Gustrave pour le lendemain, au alentour de 11h30, pour l’apéro, je le reconnaissais bien là le vieux grigou.

Dieu, je ne le connaissais pas personnellement, sinon comme tout un chacun, via son service après-vente.

En m’habillant, je me demandais bien ce qu’il avait à me dire.

Ou à me demander, ce qui m’inquiétait davantage.

C’est pas que je n’aime pas rendre service, mais vu comment il a traité son fils, je me méfiais un peu.

J’avais pas trop envie de passer pour un illuminé avec des tables de la loi sous le bras ou je ne sais quoi d’autres.

Surtout qu’après, en général, il n’y a plus personne, et il vous laisse vous d’emmerder tout seul comme un con.

Merci bien.

Je me suis habillé comme quelqu’un qui a rendez-vous avec Dieu, mais en plus discret.

 

Alors que je croisais la concierge dans les escaliers, elle m’a dit d’un ton angélique, bien que ce ne soit pas son prénom (elle se prénomme simplement Maria comme vous vous en doutez) :

-          Habillé comme vous êtes, on vous donnerait le Bon Dieu sans confession aujourd’hui

monsieur Gilonimo.

Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine, mais je dois dire que je suis sorti tout auréolé de ce compliment, surtout sous les bras car il faisait une chaleur d’enfer.

 

C’est avec anxiété que je suis entré chez Gustrave. Je précise qu’anxiété n’est pas une de mes relations mais une manière de décrire mon appréhension.

La salle était particulièrement enfumée, on n’y voyait pas à un mètre.

Je suis arrivé jusqu’au bar sans difficulté car je connais le trajet sur le bout de mes souliers pour l’avoir fait un bon millier de fois, à l’aller comme au retour où en général je ne vois pas à un mètre même par temps clair.

-          Y a un type qui t’attend, m’annonça Gustrave tel l’ange Gabriel.

-          Il est où ?

-          A la table du fond.

J’y suis allé.

 

Je fut très surpris de voir un petit monsieur assis à la table du fond, il ne payait pas de mine dans son costume gris trois pièces ringard comme un costume gris trois pièces.

Je l’interrogeais du regard. Il me fit oui avec sa tête, l’air gêné de quelqu’un qui s’excuse en demandant pardon.

Je m’assois et il y eu un silence pendant lequel un ange passa.

-          Un ange passe, il doit être moins vingt, que j’ai dit pour me donner une contenance.

En parlant de contenance, j’aurais bien voulu que Gustrave se ramène car j’avais une soif de connaissance ( il s’agit de Robert la connaissance, Robert c’est le genre de type à avoir soif en permanence).

-          Il arrive, qu’Il me dit.

Et effectivement, Gustrave est sorti du brouillard, comme le Clémenceau entrant dans la rade de Brest.

-          Qu’est-ce que je sers à ces messieurs ?

Oh l’autre, il faisait comme s’il ne me connaissait pas.

Dieu commanda une Sainte Yorre et moi une trappiste pour rester dans le ton.

 

-          Vous ne m’imaginiez pas comme ça, n’est-ce pas ?

-          C’est à dire, que, vous comprenez, c’est, comment dire, je ne voulais pas le vexer et je

tournais autour du pot comme si j’étais une petite cuillère.

-          Ne vous donnez pas tout ce mal, je ne suis pas dupe, je n’ai pas la tête de l’emploi, je le

sais bien, depuis le temps que je fais ce métier. Tiens, pour votre répondeur, j’ai été obligé de

trafiquer ma voix avec un logiciel, sinon vous auriez cru à une blague, n’est-ce pas ?

Je fus bien obligé d’admettre.

-          Vous voyez. On me fait passer pour ce que je ne suis pas, on m’accuse de tout les maux,

et tout ça parce que j’ai créé le monde en  six jours, tu parles, j’ai pas fignolé non plus.

On me reproche d’avoir chassé Adam et Eve, pour une pomme ! une pomme ! Vous vous rendez compte ? Une pomme !

Il était outré, j’ai senti en lui de la colère, mais une colère toute en douceur, une colère tellement gentille qu’elle passerait pour de la bonne humeur chez n’importe qui d’autre ; et puis tout de suite, j’ai senti qu’il avait honte d’avoir eu, ne serait-ce qu’un milligramme de cette colère, et il s’excusa aussitôt de s’être mis dans cet état.

Gustrave est arrivé avec les boissons et il est reparti sans.

 

-          Ce qui me fait le plus de mal, voyez-vous, c’est ça, que l’on m’accuse de les avoir chassé

pour un aussi futile motif. Vous pensez bien qu’ils pouvaient bien manger toutes les pommes de

mon verger, et même si ça avait été des bananes.

J’avais envie de lui remonter le moral mais je ne savais pas quoi lui dire. J’avais fini ma bière et je commençais à me faire chier.            

Alors j’ai recommandé une tournée.

 

J’ai repris la même chose moussue, Dieu, pour sa part, à demandé une bouteille de Saint-Emilion, un pote à lui qu’il m’a précisé.

Je l’ai remercié pour la bière et pour toutes les autres choses que sans lui on auraient bien incapables d’inventer et j’ai descendu ma Trappiste d’une traite tandis que le Saint Emilion colorait les joues de Dieu d’un joli vermillon du plus bel effet qui lui a fait dire :

-          C’est bien vrai ça.

Et on a remit ça.

 

A la quatrième trappiste me concernant et à la deuxième bouteille du Tout Puissant, on a refait le monde, mais de manière bien plus rigolote, je peux vous le garantir.

A la fin de la quatrième bouteille de son pote, Il voulait aller jouer au foot avec la terre, je l’ai arrêté juste à temps, surtout qu’Il voulait me mettre dans les buts.

En plus, je suis nul dans les buts.

 

Au moment de l’addition, Dieu à dit : ch’est pour moi.

J’ai dit à non non non non, pas quechtion de chez pas quechtion, ch’est pour moi.

Qu’est-che que j’entends là,  mais qu’est-che que j’entends là, non dis donc, hein ? ch’est moi qui cht’es invité, ou pas ?

Ou pas.

Ts tsts ststststst, pas de cha entre nous, che paye, chai dit, achmi tavernier, O achmi tavaernier, ouch qu’il est ? la chnote chest pour ma pomme.

Ma pomme !

Et il s’est mis à pleurer.

Finalement, c’est moi qui ai payé car il n’avait pas sa carte bleue. 

 

On est sorti bras dessous, bras dessus , en chantant la digue du cul.

Il faisait super nuit.

On s’est fait engueuler parce qu’on faisait du bruit par des gens qui auraient bien voulu dormir.

Dieu les a envoyé chier.

Ce qu’ils ont fait aussitôt dans leur pyjama.

On s’est bien marré.

On s’est quitté en se promettant de se revoir. 

 

En me couchant, j’ai pensé que, décidemment, Dieu ne tenait pas l’alcool.

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commentaires

Lazy 03/06/2007 11:09

Sublime

Lazy_Girl 21/01/2007 18:58

Extraordinaire celui ci, presque mieux que l'histoire du type pa gâté par la nature.je reviendrais en lire davantage.

marquise 20/03/2006 22:01

Je me demande aussi, si dieu n'est pas Auvergnat ...
Tu l'as échappé belle, Gilo, Dieu aurait pu t'envoyer au diable

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