Dimanche 17 avril 2011
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Au sixième étage,
l’ascenseur vous pose dans un autre monde,
tout bariolé,
avec des girafes qui courent le long des murs
et pleins d’oiseaux multicolores autour qui les embêtent,
il flotte une douce musique,
c’est calme,
sans que vous sachiez pourquoi vous vous sentez mal,
sur les portes sont punaisés des dessins,
c’est des bonshommes plus grands que des maisons
avec des têtes énormes et difformes,
la plupart sans cheveux,
c’est un enfant dans une bulle en forme de cœur,
c’est un monstre qui dévore un oiseau,
c’est un crâne informe à côté d’une petite fille qui pleure,
c’est une bête qui explose dans un feux d’artifice de couleurs,
c’est une maison toute petite si loin
avec un arbre à côté qui n’a plus de feuille
et une petite fille en haut à gauche qui tient un ballon rouge
et des pieds qui ne touchent déjà plus le sol,
c’est un Picasso égaré qui pendouille à sa punaise,
alors que vous alliez pousser la porte battante,
celle-ci s’ouvre toute seule,
c’est un enfant à vos pieds
qui vous regarde de ses grands yeux clairs,
il est chauve,
vous vous poussez pour laisser passer son copain
qui le suit avec difficulté
obligé qu’il est de traîner derrière lui
un espèce de porte manteau métallique sur roues
d’où pend deux flacons à moitié vides,
et on est bien content d’avoir été un enfant en bonne santé,
et il y a un couloir long comme la mort avec des portes de chaque
côtés,
on a mis des couleurs sur les portes,
et derrière les portes,
il y a des enfants qui dessinent,
et vous arrivez chez les tout-petits dans leurs tupperwares,
vous cherchez tout de suite des yeux
le quatrième boxe en partant de la droite,
vous accélérez les pas autant que votre cœur ;
et vous voyez votre fille.
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