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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 00:00

Le clown il a marché dans la merde.
Il va encore se faire engueuler par sa femme.
La femme du clown n’aime pas quand le clown marche dans la merde.
Elle ne trouve pas ça drôle.
C’est pas de ma faute qu’il dit le clown, c’est à cause de mes chaussures.
Est-ce que t’as besoin de mettre ces chaussures à la con, qu’elle lui postillonne au visage la femme du clown, exactement comme lui il fait avec Auguste quand il a la bouche pleine d’eau, sauf que lui il le fait exprès.
Alors le clown il baisse la tête.
- C’est pour mon travail.
- Et retire ton nez rouge t’as l’air d’un abruti.
Le clown il ne dit rien parce qu’il l’a déjà retiré son nez rouge.
Le clown il boit.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 00:00
Tu m’as quitté en t’en allant tel un départ,
Chuchotant dans un murmure : « Je pars,
J’en ai assez d’avoir marre de ce raz le bol. »
 
Tu baissais les yeux de ton regard vers le sol,
Qui était par terre, en bas, à tes pieds.
 
Un amour amoureux c’est comme du papier
Qui vieillit de vieillesse en devenant vieux
Avec des mots écrits imprimés rouge sang
Qui disparaissent tout en s’évanouissant.
 
L’éternité n’a duré que trente jours, voire un mois,
Avant que tu n’arrives en venant devant moi,
Pour m’annoncer cette annonce interlope
Douteuse qui éclaira mes nuits de nyctalope.
 
Et qui me fit souffrir la souffrance d’une déchirure
En déchirant mon cœur de mille blessures.
 
 
(J’avais une autre rime pour interlope, mais j’ai pas osé.
Pas trop lol en ce moment.)
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Published by gilonimo - dans Poésies à la con
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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 00:00
Je t’aime comme si j’étais amoureux,
Sans toi, je souffre que c’en est douloureux.
 
Si la longueur de ma vie, Hortense,
Est égale à celle de mon existence,
Tu seras mon bonheur joyeux
Qui fera de moi un homme heureux.
 
Je t’aime autant que je t’adore
Et même beaucoup plus encore.
Sais-tu que ta beauté est belle,
Et que tes yeux sont deux prunelles ?
 
Je t’aime tout le jour, et aussi matin, midi et soir.
Quand tu es loin de moi je ne peux te voir
Et tu me manques comme une absence,
Ton mutisme alors ressemble à du silence,
Je pleure des larmes salées amères
Qui ont le goût du sel de la mer.
 
Je t’aimerai toute une éternité, mon amour,
Même si elle devait durer toujours.
 
 
(C’est un poème que j’ai écrit pour mon amour que j’aime,
et qui m’aime aussi et qui se reconnaîtra dans ces vers que j’ai écrit
parce qu’on s’aime et que c’est pour tout le temps de notre vie.

Et même plus. (ça c’est ma petite touche d’humour. Lol.))

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Published by gilonimo - dans Poésies à la con
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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en étant arrêté par la Police.

-          Avoue salaud, qu’elle me gueulait en me filant de grandes et lourdes baffes.

La Police est une dame qui n’est pas très policée.

Elle m’a sorti du lit et m’a jeté violemment contre le mur qui malheureusement se trouvait exactement entre moi et rien.

Alors que je glissais lentement le long dudit mur pour rejoindre le sol, elle en profita pour vérifier si ses brodequins, qu’elle avait cloutés de petites pointes acérées très désagréables, pouvaient labourer un dos ; Je l’ai rassuré de mon mieux.

-          Puisse que c’est comme ça, on t’emmène au commissariat pour une garde à vue, pourriture.

La Police te parle toujours à la seconde personne du singulier même si tu ne la connais pas, sauf si tu es préfet.

Elle a mis des menottes autour des miennes et m’a poussé dans l’escalier alors qu’elle prenait l’ascenseur.

On est arrivé en bas en même temps.

La concierge a détourné la tête comme elle détourne la pension du petit vieux du troisième.

 

La Police m’a jeté dans un panier à salade et m’a essoré pendant le trajet.

Le Commissaire m’a accueillit avec beaucoup d’humanité, c’est à dire en m’enfonçant son poing dans le ventre à plusieurs reprises très vite d’un geste large et harmonieux, j’en fus très touché et j’ai même  pleuré.

-          Tu vas parler c’est moi qui te le dit.

Malgré mon œil que j’avais de fermé suite à un malencontreux choc avec un casque, ce n’était pas la peine qu’il me le précise, je voyais bien que c’était lui qui me le disait et personne d’autre.

Il m’a assis sur une chaise et m’a proposé gentiment un café brûlant sur le visage.

Puis, avec quelques collègues à lui, ils ont révisé le bottin téléphonique des Bouches du Rhône sur moi.

Ils allaient attaquer le Var mais il était l’heure d’aller manger et après il ne reste plus rien à la cantine.

Mais je ne perdais rien pour attendre.

C’est vrai que je gagnais de beaux coups à les connaître.

Ils m’ont attaché au radiateur en me conseillant de ne pas bouger ce qui m’aurait été, de toutes façons, bien difficile si je l’avais voulu, à moins d’être un contorsionniste ou un homme serpent ce qui revient à peu près au même.

 

Ils sont revenu vers quatre heures en chantant « quoi ma gueule » qui n’augurait rien de bon pour la mienne.

-          Bon, on va reprendre tout de zéro, dit le commissaire ; ce qui ne m’arrangeait pas vraiment.

Il m’a dit que j’avais pas intérêt à trop à faire le mariole sinon je verrais de quel bois il se chauffe et il en profita pour m’en donner un aperçu en me cassant une chaise sur la tête.

Je ne sais pas si c’était leur haleine mais je sentais qu’ils avaient tous bu plus que de raisin, surtout quand le brigadier chef m’a vomi dessus.

J’ai franchement eu peur quand ils ont parlé de me couper les couilles mais le téléphone a sonné à la porte.

Le commissaire est allé ouvrir et c’était la brigadière qui s’excusait de les déranger pendant le travail mais elle venait de s’apercevoir qu’elle s’était trompé dans l’adresse de ce matin.

Ils ont tous été très déçu car j’étais un bon client qui n’avait rien avoué.

Beaucoup aurait déjà pris perpète, m’a dit le commissaire en me détachant avec un brin d’admiration dans la voix, il n’en avait pas assez pour faire un bouquet.

Il m’a aidé à me relever et m’a proposé de me raccompagner jusqu’à chez moi  dans une voiture banalisée avec POLICE marqué en gros dessus.

Vu leurs états, j’ai préféré rentrer à pied.

Ils ont insisté un peu pour la forme mais pas trop car j’avais fait mes preuves.

En me conduisant vers la sortie, le commissaire m’a dit que j’avais de la chance d’être tombé sur eux, parce qu’avec un juge d’instruction j’en aurais pris pour vingt ans.

-          Même en étant innocent ? parvins-je à articuler entre deux caillots de sang.

-          Surtout. Il n’aiment pas reconnaître leurs erreurs, qu’il que dit en me donnant une grande

tape amicale dans le dos qui m’a fait cracher la molaire qui ne tenait plus qu’à un nerf.

-          Au plaisir, qu’il me fit en me broyant la main en souvenir du passé.

 

Je suis allé directement au bistrot que j’étais bien content d’avoir mis dans mes favoris.

-          Ouh, toi t’as la tête des mauvais jours, m’a fait Gustrave le Tenancier alors que j’entrais

avec ma tête.

Je lui ai demandé de me servir quelque chose de fort et de ne pas en rajouter.

Il m’a donné quelque chose de fort et n’en n’a pas rajouté.

J’ai descendu cette chose forte d’un trait et je lui en ai réclamé une autre dans la foulée que j’avais régulière.

Il m’en a servi une autre sans en rajouter alors que j’aurais bien voulu.

J’ai tiré un autre trait, un peu moins droit, puis j’ai pris la porte en lui promettant de lui ramener le lendemain.

J’étais un peu ovale ; il était grand temps que je parte avant d’être complètement rond.

 

Je suis rentré chez moi en traînant les pieds derrière moi car mes chaussures me faisaient atrocement souffrir, et j’avais eu ma dose.

J’ai posé la porte du bistrot à la place de la mienne qui était toute défoncée, et j’ai poussé un soupir de soulagement jusqu’au milieu du salon en me sachant protégé des bandits de la Police.

J’ai dé-lyophilisé une petite soupe à la grimace en sachet qui me restait de mes dernières vacances à Dunkerque, que je me suis dépêché d’avaler car elle allait être périmé dans les cinq minutes.

Le jour est parti se coucher et la nuit à pris son service avec deux minutes de retard, ce qui a occasionné un léger disfonctionnement spatio-temporel en Chine, mais personne ne s’en ait aperçu.

 

Je viens de m’allonger dans le but de dormir à l’aide de mes yeux que je compte garder fermés jusqu’au lendemain matin.

J’ai, en toute modestie, bien mérité un bon sommeil du juste milieu.

J’espère que demain matin la Police ne se trompera pas d’adresse parce qu’il ne me reste plus qu’une dent.

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:00
J’ai couvert les vieux.
Ma flamme était branchée sur moi.
Elle venait de m’embraser.
J’avais encore la pâleur de ses lièvres sur mon trou.
Elle m’a pourri gentiment.
«  Ton p’tit belge est servile » qu’elle me chochotte à l’oseille.
« Trois cent shows et saké olé. Un ou deux stupres ? ».
Cette fournée commençait bien.
J’ai pris ma bouche mouillante et je me suis levé les dents.
L’OTAN était stupide et le fiel dégagé.
Je suis parti tout peureux au goulot.
La circonvolution pour une fois s’écroulait aisément, pas d’embrouillage.
A peine arrivais-je au sureau que mon étron m’équivoque.
Il m’apprit là que,
Je passais chef de sévices pour récompenser ma glandeur au travail.
Mes collègues pétèrent ma pomme au fion avec joie.
L’ami dit : « On a tous rangé des pizzas ensemble. »
La tournée fut une vermeille.
Et le soir, Denise sur le bateau, j’avais les siphons numéros au grelot.
Le rêve, aïe, assommé.
 
Je me suis réveillé.
J’ai ouvert les yeux.
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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 13:03

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Ce matin je me suis réveillé en étant deux.

Il y avait un autre moi à côté de moi qui me regardait avec de grands yeux écarquillés.

- Qui-t-es toi ? que je me suis dit exactement en même temps.

- Et toi ? que je me suis répondu ensemble.

Après un petit moment de perplexité bien légitime, je me suis demandé qui était moi.

Je veux dire lequel des deux moi était vraiment moi.

Mon autre moi était persuadé que c’était moi et je n’étais pas d’accord avec moi.

Il était évident qu’il y avait un moi de trop dans cette pièce.

Je me voyais difficilement me trucider car je n’aurais pas su quoi faire de mon corps.

Me découper en morceau nécessitait à mon sens une connaissance de l’anatomie humaine assez poussée, surtout au niveau des jointures, faut voir les difficultés que j’ai à décortiquer les cuisses de poulets.

Je voyais bien que je pensais la même chose.

Je n’allais pas m’entretuer.

J’ai décidé d’être en paix avec moi-même.

Moi aussi.

J’ai partagé mon petit déjeuné avec moi.

J’ai pris ma douche ensemble, j’étais peu serrés vu qu’elle n’est prévue que pour un moi.

Je trouve que j’ai pris un peu de bide et moi aussi.

J’ai décidé d’un commun accord que j’allais reprendre le sport.

 

J’ai croisé la concierge dans l’escalier qui m’a dit :

- Vous ne m’aviez pas dit que vous avez un frère jumeau ?

Mon autre moi lui a répondu :

- Ne vous en faites pas Maria, il repart ce soir.

Ça m’a foutu comme un coup au cœur.

Pourquoi serait-ce à moi de repartir ce soir ?

Pourquoi serait-il plus moi que moi ?

Je me suis vu me regarder avec un petit sourire plutôt qu’avec mes yeux.

- Je sais pas toi, mais moi je vais au bistrot qui est dans mes favoris.

Et je me suis planté là comme un con sur le trottoir alors que c’est même pas la saison.

Je suis retourné voir Maria pour en avoir le cœur net.

- Il a l’air sympa votre jumeau mais il est pas bavard. Alors comme ça il repart ce soir ?

- Oui Maria, et peut-être même un peu avant.

J’étais soulagé, Maria me confirmait que j’étais bien moi.

 

Je suis rentré chez Gustrave l’air de rien.

- Te revoilà déjà ? T’as oublié quelque chose ?

-  Non, mais est-ce que tu sais où j’allais en sortant ?

- T’es Alzheimer, tu viens de me dire que tu allais retrouver Didière au parc.

-  Oh Mon Dieu ! Didière !

Je suis ressorti en coup de vent tellement je ne manquais pas d’air d’aller voir Didière dans mon dos.

Didière ! J’allais voir Didière !

Mon double était en train d’essayer de me doubler.

Fallait que j’arrive avant moi.

 

J’ai couru autant que j’ai pu tellement j’étais en sueur.

Mais hélas, trois fois hélas, comme aurait dit Ulysse sur l’amer Egée, je suis arrivé après moi.

Nous étions déjà tranquillement à deviser, elle, à coté de moi assise sur le même banc, pudique.

Je me suis caché dans un fourré pour mieux m’observer à la dérobée tel un voleur.

 

Je ne sais pas ce que j’étais en train de lui raconter mais je me suis mis à faire de grands gestes.

Et elle riait. Elle riait.

Elle riait d’un rire qui contenait des petits éclats de bonheur.

Il semblait bien que j’étais drôle.

J’ai serré les poings tellement j’étais jaloux de moi.

J’ai eu envie d’aller me casser la gueule.

Mais je suis trop lâche. J’aurais pu me faire mal.

Je me suis surpris à lui prendre la main.

Dire que ça aurait pu pourrait être moi si j’avais couru plus vite.

Je m’en suis voulu de ne pas faire de sport.

A ce moment là, j’aurais voulu partir au bout du monde sur une île déserte où j’aurais été certain de ne pas me croiser au détour d’un croisement.

J’étais prêt à me la laisser, à me l’abandonner, il fallait que je me rende à l’évidence, j’étais beaucoup mieux que moi.

Elle serait heureuse avec moi, ça ne faisait aucun doute.

Moi, qu’est-ce que j’avais à lui proposer de mieux que moi ?

J’allais partir la tête basse comme une marée d’équinoxe, lorsque que je me suis vu essayer de la baiser sur le banc.

J’avançais mes lèvres tandis qu’elle reculait les siennes.

Comme j’insistais lourdement elle m’a filé une baffe et s’en est allée outrée comme une outre.

Ah ah ah ah ah ah ah ah, je riais tout seul dans les fourrées.

Bien fait pour moi.

J’étais comme un con sur ce banc en train de la regarder partir au loin.

Ah ah ah ah ah ah ah, la honte.

Je n’avais plus qu’à m’enfuir au loin moi aussi, mais un autre loin, un loin de l’autre côté du sien ce qui aura pour effet mathématique immédiat de doubler la distance me séparant d’elle.

C’est ce que je fis à ma grande satisfaction en prenant mes jambes à mon cou et laissant sous le banc mon tronc et mes bras qui feront le bonheur d’un médecin légiste.

Je me suis regardé disparaître de loin en loin.

J’espère bien ne jamais plus me revoir car je ne peux plus me voir.

 

Je suis allé chez Gustrave pour fêter ça.

- Alors, comment ça c’est passé ? qu’il me fait à peine rentré.

- Bien, elle m’a filé une baffe et je me suis enfui.

Il m’a regardé avec des yeux ronds comme la plupart de ses clients.

- Tu peux pas comprendre. Sers-moi un Whisky pour fêter ça. Et un double !

 

Ce soir j’ai tout le lit rien que pour moi.

Ah, ça fait du bien de me retrouver seul avec moi-même.

Demain j’irai  tout expliquer à Didière qui va sûrement me tomber dans les bras de soulagement.

Et on rira tous les deux avec des éclats de bonheur dedans…..


J'ai comme un affreux doute, et si l'autre c'était moi ?
 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 00:00

C'est un bar en bordure où traîne la misère,
Le tabac froid se mêle aux odeurs de graillons,
On parle football en s'enfilant des bières,
Lui, toujours un Duval qu'il commande au patron.
 
(Je ne me souviens pas de la suite
Mais je crois que ça se termine sur deux coups de rouge.)
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Published by gilonimo - dans Poésies à la con
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant rendez-vous avec Dieu.

J’avais reçu un message sur mon répondeur la veille au soir.

C’était Dieu, avec sa grosse voix de Tout Puissant qui me donnait rendez-vous chez Gustrave pour le lendemain, au alentour de 11h30, pour l’apéro, je le reconnaissais bien là le vieux grigou.

Dieu, je ne le connaissais pas personnellement, sinon comme tout un chacun, via son service après-vente.

En m’habillant, je me demandais bien ce qu’il avait à me dire.

Ou à me demander, ce qui m’inquiétait davantage.

C’est pas que je n’aime pas rendre service, mais vu comment il a traité son fils, je me méfiais un peu.

J’avais pas trop envie de passer pour un illuminé avec des tables de la loi sous le bras ou je ne sais quoi d’autres.

Surtout qu’après, en général, il n’y a plus personne, et il vous laisse vous d’emmerder tout seul comme un con.

Merci bien.

Je me suis habillé comme quelqu’un qui a rendez-vous avec Dieu, mais en plus discret.

 

Alors que je croisais la concierge dans les escaliers, elle m’a dit d’un ton angélique, bien que ce ne soit pas son prénom (elle se prénomme simplement Maria comme vous vous en doutez) :

-          Habillé comme vous êtes, on vous donnerait le Bon Dieu sans confession aujourd’hui

monsieur Gilonimo.

Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine, mais je dois dire que je suis sorti tout auréolé de ce compliment, surtout sous les bras car il faisait une chaleur d’enfer.

 

C’est avec anxiété que je suis entré chez Gustrave. Je précise qu’anxiété n’est pas une de mes relations mais une manière de décrire mon appréhension.

La salle était particulièrement enfumée, on n’y voyait pas à un mètre.

Je suis arrivé jusqu’au bar sans difficulté car je connais le trajet sur le bout de mes souliers pour l’avoir fait un bon millier de fois, à l’aller comme au retour où en général je ne vois pas à un mètre même par temps clair.

-          Y a un type qui t’attend, m’annonça Gustrave tel l’ange Gabriel.

-          Il est où ?

-          A la table du fond.

J’y suis allé.

 

Je fut très surpris de voir un petit monsieur assis à la table du fond, il ne payait pas de mine dans son costume gris trois pièces ringard comme un costume gris trois pièces.

Je l’interrogeais du regard. Il me fit oui avec sa tête, l’air gêné de quelqu’un qui s’excuse en demandant pardon.

Je m’assois et il y eu un silence pendant lequel un ange passa.

-          Un ange passe, il doit être moins vingt, que j’ai dit pour me donner une contenance.

En parlant de contenance, j’aurais bien voulu que Gustrave se ramène car j’avais une soif de connaissance ( il s’agit de Robert la connaissance, Robert c’est le genre de type à avoir soif en permanence).

-          Il arrive, qu’Il me dit.

Et effectivement, Gustrave est sorti du brouillard, comme le Clémenceau entrant dans la rade de Brest.

-          Qu’est-ce que je sers à ces messieurs ?

Oh l’autre, il faisait comme s’il ne me connaissait pas.

Dieu commanda une Sainte Yorre et moi une trappiste pour rester dans le ton.

 

-          Vous ne m’imaginiez pas comme ça, n’est-ce pas ?

-          C’est à dire, que, vous comprenez, c’est, comment dire, je ne voulais pas le vexer et je

tournais autour du pot comme si j’étais une petite cuillère.

-          Ne vous donnez pas tout ce mal, je ne suis pas dupe, je n’ai pas la tête de l’emploi, je le

sais bien, depuis le temps que je fais ce métier. Tiens, pour votre répondeur, j’ai été obligé de

trafiquer ma voix avec un logiciel, sinon vous auriez cru à une blague, n’est-ce pas ?

Je fus bien obligé d’admettre.

-          Vous voyez. On me fait passer pour ce que je ne suis pas, on m’accuse de tout les maux,

et tout ça parce que j’ai créé le monde en  six jours, tu parles, j’ai pas fignolé non plus.

On me reproche d’avoir chassé Adam et Eve, pour une pomme ! une pomme ! Vous vous rendez compte ? Une pomme !

Il était outré, j’ai senti en lui de la colère, mais une colère toute en douceur, une colère tellement gentille qu’elle passerait pour de la bonne humeur chez n’importe qui d’autre ; et puis tout de suite, j’ai senti qu’il avait honte d’avoir eu, ne serait-ce qu’un milligramme de cette colère, et il s’excusa aussitôt de s’être mis dans cet état.

Gustrave est arrivé avec les boissons et il est reparti sans.

 

-          Ce qui me fait le plus de mal, voyez-vous, c’est ça, que l’on m’accuse de les avoir chassé

pour un aussi futile motif. Vous pensez bien qu’ils pouvaient bien manger toutes les pommes de

mon verger, et même si ça avait été des bananes.

J’avais envie de lui remonter le moral mais je ne savais pas quoi lui dire. J’avais fini ma bière et je commençais à me faire chier.            

Alors j’ai recommandé une tournée.

 

J’ai repris la même chose moussue, Dieu, pour sa part, à demandé une bouteille de Saint-Emilion, un pote à lui qu’il m’a précisé.

Je l’ai remercié pour la bière et pour toutes les autres choses que sans lui on auraient bien incapables d’inventer et j’ai descendu ma Trappiste d’une traite tandis que le Saint Emilion colorait les joues de Dieu d’un joli vermillon du plus bel effet qui lui a fait dire :

-          C’est bien vrai ça.

Et on a remit ça.

 

A la quatrième trappiste me concernant et à la deuxième bouteille du Tout Puissant, on a refait le monde, mais de manière bien plus rigolote, je peux vous le garantir.

A la fin de la quatrième bouteille de son pote, Il voulait aller jouer au foot avec la terre, je l’ai arrêté juste à temps, surtout qu’Il voulait me mettre dans les buts.

En plus, je suis nul dans les buts.

 

Au moment de l’addition, Dieu à dit : ch’est pour moi.

J’ai dit à non non non non, pas quechtion de chez pas quechtion, ch’est pour moi.

Qu’est-che que j’entends là,  mais qu’est-che que j’entends là, non dis donc, hein ? ch’est moi qui cht’es invité, ou pas ?

Ou pas.

Ts tsts ststststst, pas de cha entre nous, che paye, chai dit, achmi tavernier, O achmi tavaernier, ouch qu’il est ? la chnote chest pour ma pomme.

Ma pomme !

Et il s’est mis à pleurer.

Finalement, c’est moi qui ai payé car il n’avait pas sa carte bleue. 

 

On est sorti bras dessous, bras dessus , en chantant la digue du cul.

Il faisait super nuit.

On s’est fait engueuler parce qu’on faisait du bruit par des gens qui auraient bien voulu dormir.

Dieu les a envoyé chier.

Ce qu’ils ont fait aussitôt dans leur pyjama.

On s’est bien marré.

On s’est quitté en se promettant de se revoir. 

 

En me couchant, j’ai pensé que, décidemment, Dieu ne tenait pas l’alcool.

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 00:00

Comme chaque fin d’année, il y a la fête de fin d’année, et le centre où est scolarisée ma fille n’échappe pas à la règle.

Pour la fête de fin d’année, c’est deux heures de spectacle plus un pique-nique pour cinq euros, c'est pas cher.

Deux heures de spectacle c’est long, surtout qu’en général, il n’y a que le passage de son enfant qui intéresse, faut bien l’avouer.

Dans un centre spécialisé pour les aveugles, on a le droit à beaucoup de musique et pas beaucoup de tours de magie. Il y en a aussi qui chantent, eh bien vous me croirez si vous le voulez, mais les aveugles ne chantent pas mieux que les autres.

Cette année, ma fille participait à une pièce de théâtre. Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour elle serait capable de jouer dans une pièce de théâtre, je lui aurais dit que c’est pas bien de se moquer et je lui aurais foutu mon poing dans la gueule. Mais heureusement pour lui, personne ne me l’a dit.

On a eu de la chance, la pièce de théâtre c’était dans le début. C’est normal, les handicapés les plus lourds passent dans les premiers à cause qu’ils n’ont pas trop de patience.

Bon, quand je dis « pièce de théâtre » j’exagère un peu, c’était disons une « scène de théâtre ».

J’ai pas tout bien compris car c’était pas très net au niveau des dialogues.

L’histoire se passait chez un fromager, des clients faisaient la queue avec un ticket, tout allait bien avec les premières clientes et leur fromage de chèvre, quand tout à coup il y a eu une embrouille avec les numéros, le fromager a appelé le 6 et une mongolienne a doublé ma fille, ma fille, elle s’est pas laissé faire en disant que c’est elle qui avait le 6,  mais l’autre attardée a insisté, on ne comprenait pas tout vu qu’elle n’articulait pas, j’ai bien cru que ma fille allait lui mettre une mandale tellement elle jouait bien, et finalement ils se sont aperçus que la mongolienne tenait son ticket numéro 9 à l’envers, c’était pas très sympa pour les mongoliens que ça soit elle qui ait eu ce rôle, et tout s’est bien terminé sans effusion de sang.

Vous aurez noté quelques invraisemblances dans le fait que tout le monde est aveugle, alors le ticket avec marqué dessus 6 ou 9 au feutre noir c’est un mystère… d’ailleurs, elles le tenaient à l’envers leur ticket, ce qui a un peu perturbé les spectateurs.

Après, ils ont salué le public sous les ovations comme au théâtre ce soir, et c’est la mongolienne qui a présenté les comédiens, comme elle n’articulait toujours pas on n’a rien compris.

Puis ils ont quitté la scène, le fromager s’est trompé de direction est s’est vautré dans le public avec son Roblochon, ce qui nous a bien fait rire, et lui aussi bien qu’il ait dû se faire super mal.

J’ai laissé passer deux morceaux de piano et je suis allé pisser pour ne revenir discrètement qu’au final où la chorale chantait « ce n’est qu’un au revoir », sans doute pour nous préparer à la fête de fin d’année de l’année prochaine.

Le pique-nique c’est pas triste non plus. Cette année c’était couscous, comme j’étais à la table des plus atteints, je vous laisse imaginer l’état de la table à la fin du repas.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en étant le Messie.

Je flottais un bon mètre au-dessus de mon lit et ça m’a mis la puce à l’oreille.  

Et une voix se fit entendre dans la chambre :

“ Tu es mon fils bien-aimé, c’est en toi que j’ai mis toute mon affection.

Lève toi et marche. ”

Je me suis levé et je me suis cassé la gueule d’une hauteur un peu plus haute que prévu.  

 

Alors que j’allais pour me baptiser tranquillement dans la baignoire que j’avais fait installer dans la salle de bain parce que c’est l’endroit qui m’est venu à l’esprit lorsque le plombier m’a demandé “où c’est que j’la mets? ”, 

j’en fus empêché par trois types basanés qui campaient dans le couloir avec leurs chameaux.

Ils se sont prosterné à ma vue et m’ont offert de l’encens, de la myrrhe et des nougats.

Je les ai foutu dehors à coups de pompes dans le cul avant qu’ils ne me dégueulassent toute la maison.

J’ai gardé les nougats parce que j’aime bien, et je suis allé laver les miens.

 

Et aussitôt que je fus sorti de l’eau , je vis le plafond s’ouvrir en deux, et l’Esprit en forme de colombe descendre et demeurer sur moi.

J’avais beau gesticuler dans tout les sens, cette pourriture continuait à me chier dessus.

J’ai réussi à la chasser à l’aide un jet d’eau bouillante bien placé en travers de la gueule.

Comme vous pouvez vous en douter, j’ai été obligé de recommencer mon baptème.

En vérité je vous le dis, la journée commençait mal.

 

J’avais une barbe de 3 mois et je portais des babouches.  

La concierge était à quatre pattes en train de ramasser des merdes de chameaux en râlant dans le hall de l’immeuble.

Elle m’insultait dans mon dos en me tournant le sien. 

-          Femme de peu de foi, en vérité je vous le dis, un jour viendra, lui dis-je péremptoire. 

La concierge a sursauté et s’est retournée. 

-          Vous me ferez quatre parterres et deux lavés, Maria, dis-je en me dématérialisant alors qu’elle se signait l’avant bras.

 

Alors je fus conduis par l’esprit sur le trottoir, 

Et ayant jeûné depuis le levé, j’eus soif, 

Et le Diable, s’approchant de moi, me dit : 

-          Si vous êtes le fils de Dieu, allez boire un coup dans ce bistrot qui trône dans vos favoris. 

Il ne m’a pas tenté deux fois. 

 

-          Seigneur, c’est a cette heure-ci que tu arrives ! s’écria Gustrave le Tenancier alors que j’entrais comme deux justes.

-          En vérité je te le dis, Les voies du Seigneur sont impénétrables sauf par une petite bière bien fraîche. 

Tous les clients furent bien d’accord avec moi. 

Je leur dis : Rejoignez-moi au comptoir pour une tournée générale et je vous conduirai au royaume des vieux. 

Ils ont abandonné leur table en criant hip hip hip houra ! 

Il y avait Vincent, François, Paul et les autres. 

Nous étions treize avec Gustrave le Tenancier. 

J’y voyais comme un signe. 

 

J’ai demandé s’il y avait un Judas dans le tas. 

Personne ne s’est dénoncé. 

Je leur ai demandé leur carte d’identité à ces enculés. 

Il y en avait un qui s’appelait Judin. 

Je l’ai regardé droit dans les yeux et je l’ai embrassé.

Je leur ai dit, venez avec moi sur les bords du lac de Tibéri.

 -          Moi aussi, demanda Judin. 

Je lui répondis oui avec un large sourire christique.

 

Et ouvrant la bouche, je leur enseigna : 

Bienheureux les pauvres d’esprit parce qu’ils n’ont pas d’humour, 

Bienheureux ceux qui sont doux car ils seront caressés, 

Bienheureux ceux qui pleurent parce qu’ils auront des mouchoirs, 

Bienheureux ceux qui sont affamés et altérés de justice parce qu’ils iront en prisons, 

Bienheureux ceux qui sont miséricordieux car ils seront bien chaussés, 

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur parce que c’est mieux, 

Bienheureux ceux qui ont soif parce qu’on va boire un coup avant de partir. 

Ils ont tous fait hip hip hip houra !  

 

Ça faisait chier Gustrave le Tenancier de venir à cause qu’il ne voulait pas fermer sa boutique. 

-          En vérité je te le dis, ne vois-tu pas que tous tes clients sont mes disciples ? 

Je suis le pécheur d’hommes de peu de foie, viens avec moi sinon, au retour, nous irons tous chez Ronan le Barman qui est en face de la Samaritaine et tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer au lieu de t’en servir pour voir. 

 

Avant de partir, j’ai avalé un truc à réveiller un mort, et d’ailleurs j’en ai ressuscité quatre devant la gare Saint Lazare. 

Sur le chemin du lac, j’ai eu le temps de rendre la vue à un aveugle qui n’en croyait pas ses yeux, de guérir un lépreux malpoli qui m’a fait un doigt, de redonner l’ouie à  un couple de sourds qui ne s’entendait plus, et comme ça m’avait mis en forme, j’en ai profité pour faire courir un tétraplégique ventre à terre et parler avec un muet qui m’a dit merci. 

 

Arrivé au lac de Tibéri, il s’assembla autour de moi une foule de Parisiens ; c’est pourquoi je suis monté sur une barque où je m’assis, tout le peuple se tenant sur le rivage ; 

En vérité je vous le dis, elle fait partie de la famille des coniques, c’est une courbe que l’on obtient en sectionnant un cône de révolution par un plan. Ecoutez moi bien, Appolonius, l’un des trois plus grand de l’école d’Alexandrie après Euclide et Archimède, est le premier à avoir formalisé et unifié cette notion. 

C’est une parabole, s’écria quelqu’un dans la foule. 

Et j’ai tracé une parabole dans l’air. 

Et la foule me réclama une autre parabole. 

Mais c’était bon, j’avais plutôt envie de faire un cent dix mètres haies sur le lac.

 

Et j’ai réuni mes apôtres, 

Et je leur dis : il  est venu le temps de rentrer au Royaume dudit Vin. 

Hip hip hip houra crièrent les apôtres. 

Et on a tous filé au bistrot.

 

Et à l’entrée du bistrot, j’ai appelé Judin. 

Tu vois, lui dis-je, tu m’as baisé une fois il y a deux mille ans, mais pas deux mon vieux, pas deux, parce que moi, tu vois,  j’ai une mémoire d’éléphant ; alors tu vas me faire le plaisir d’aller porter la bonne parole ailleurs si tu ne veux pas que je t’excommunie à grands coups de lattes ; 

En vérité je te le dis, t’es une belle pourriture Judin, que j’ai crié alors qu’il se sauvait tel un renard. 

Et il s’est mis à pleuvoir des cordes pour qu’il puisse aller se pendre.

 

On a fêté ça avec mes disciples en buvant mon sang jusqu’à pas d’heure, pas d’heure c’est entre tard et tôt, c’est au-delà de la petite aiguille, juste avant le moment ou la police est venu pour nous dire d’arrêter notre bordel. 

Je me suis caché sous une table. 

J’avais bien fait de confesser Judin car cette rognure m’aurait trahit. 

 

On avait bien fait l’épître avec les apôtres. 

Je viens juste de me coucher les bras en croix, crucifié de sommeil. 

J'espère qu'au réveil je ne serais pas le prophète, mais ce n'est pas gagné si j'en crois mon mal au crâne.

Bonjour la fatwa.

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