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Un blog à la con tout simplement. D'utilité publique.

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Peau d'échappement

Au début, je pensais être type dans le normal,
Enfin quand je dis dans le normal,
Type comme vous et moi.
 
Il faut que avouer que tout y prédisposait.
J’avais l’air de l’humain.
De l’humain du sexe du masculin.
 
Je fixe le plafond au dessus de la tête,
Le réveil va bientôt sonner son dring dreling.
 
Je suis grand, trop.
Mes pieds veulent s’échapper du lit.
J’ai tellement bagarré ma colonne vertébrale
Qui s’étirait sans la fin
Que je me suis tout voûté
Comme un réverbère qui s’éteint.
 
Je suis mal dans la peau.
Je ne m’aime pas.
 
Je n’ai jamais été amoureux de moi.
 
Je déteste la vie petite de fonctionnaire tranquille.
Je hais la cravate qui étrangle la glotte.
C’est comme si je passe la corde au cou chaque le matin.
Un jour, j’oublierai d’arrêter de serrer.
Que je dis.
 
Je vis dans la solitude.
Je fais peur aux femmes qui le rendent bien.
 
Cela fait la semaine
Que je ne sens pas bien dans la peau.
Ça grouille à l’intérieur de petits gargouillis.
Ça fait bizarre parce que je n’ai jamais été dans la maladie.
 
Je n’ai pas connu les parents qui m’ont fait.
Je suis de la période de l’existence, vous savez,
Où il eut des enfants abandonnés tout seuls,
Tant et tant,
Comme la pandémie, trente trois ans dans le passé.
On retrouvait partout les enfants,
Sur les portes de l’église, sur les grilles du square,
Sur le banc publique, dans le train en partance.
On a retrouvé mon corps dans la poubelle.
 
Je n’aime personne.
Quand je dis personne, je dis tout le monde.
 
Pourtant…
Je souviens dans ma mémoire
La période dans l’orphelinat,
Où je sentais ma personne
En harmonie totale dans mes camarades.
Comme si on était la grande famille.
Rien qu’entre les mâles.
On était le bien.
Je n’ai jamais ressenti ce bien, plus.
On s’est éparpillé dans la nature humaine.
Je n’ai revu un seul, jamais.
 
Longtemps ils ont manqué.
 
Je travaille pour le gouvernement de la patrie.
Pour le ministère de la défense des intérêts.
Dans le bureau qui n’existe pas.
Le département P.
 
Nous sommes la dizaine qui n’existons pas.
 
Nous avons été embauché tous
Parce que nous n’avions pas une famille.
Nous sommes des meilleurs de l’informatique
Avec une intelligence supérieure à l’ordinaire.
Limite de l’autiste.
 
J’ai toujours impression d’être l’étranger.
Les autres indiffèrent à moi-même.
 
La semaine dernière, j’ai déchiffré le message étrange.
Tout le département P avait bloqué de sur.
Pourtant tellement il était simple.
 
J’ai failli.
J’ai gardé pour moi.
Je ne savais pas pourquoi j’ai gardé pour moi
 
Ça y est, ça reprend ma personne,
Les gargouillis qui font souffrir dans le ventre.
Je vais refaire la crise.
Il faut que je pense à un quelque chose.
Vite.
 
Mon métier consiste à déchiffrer les messages qui traînent.
Ils sont partout les messages qui traînent.
On doit dénicher et déchiffrer.
C’est le métier.
Il faut que je lève ma personne.
La vague grandit dans les entrailles.
Je dois aller au lavabo.
J’ai besoin de l’eau.
 
Je n’aime pas la tête qui a été faite.
Je ne me suis reconnu jamais.
Quand je pense que c’est ma personne qui pense
Ce que je pense à cet instant que je pense
Où je me regarde dans la glace, ça me fait du drôle.
J’ai dans l’envie qu’il disparaisse.
 
Je le regarde,
Il ne se doute pas que je sais qu’il veut tuer moi.
 
Tiens,
Il a le petit morceau de peau qui pendouille sur le nez.
Je lui arrache d’un coup sec et ça fait mal à ma personne.
 
Je reçois un coup de poing dans le ventre qui plie en deux.
Je suis dans la position du fœtus dans le ventre,
Allongé sur le carrelage froid de la salle du bain.
 
Ça arrive de plus en plus souvent.
 
Devant les yeux bleus passe un insecte aux milles pattes.
Il s’arrête et il fixe ma personne.
Il est beau.
Je comprends lui.
Il sent la solitude.
Il part et il disparaît dans l’interstice du carrelage.
 
Je rampe à la baignoire.
Je sens les milles petites pattes qui frétillent dessous.
J’asperge le visage et je me relève.
Ça va dans le mieux.
 
Les crises sont plus en plus dans la violence.
Je crois j’ai perdu un peu la connaissance.
Le réveil est en train de sonner le dring dreling sur la table du chevet.
 
Je vais arrêter ce dring dreling.
 
Face au miroir de la salle du bain
Je pense au message.
Le message donnait rendez-vous.
 
Toujours ce petit morceau de la peau
Qui agace.
Plus j’enlève, plus il faut que j’enlève.
Le dernier mot, j’aurais.
Le dernier mot, toujours j’ai.
Méticuleusement.
 
Le petit morceau de peau
En le petit morceau de peau
Il y a une petite montagne
De la peau de mon visage au fond du lavabo.
 
J’étais trop occupé par le petit morceau de peau
Et le petit  morceau
Et encore le petit morceau,
Je n’ai pas vu,
Maintenant je vois,
Je vois mon tête,
Je comprends le message rendez-vous,
Je comprends tout et je suis le bonheur.
Je vais retrouver la famille.
 
Partout dans le monde,
Les petits morceaux de peaux dans les lavabos,
Je sens les.
Je suis me.
La terre est notre.
 
Je frétille les branchies,
Je cligne les trois yeux,
Je me reconnais.
Enfin.
Je suis bien dans ma peau.
J’entends l’appel des frères.
 
Et je vais au rendez-vous.
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A
Etrange et joli texte.. <br /> Contente d'être arrivée sur ton blog par hasard. ;-)<br /> @bientôt
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M
à trop vivre dans le rêve on finit par le prendre pour la réalité ... frontière fragile ...
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