Un blog à la con tout simplement. D'utilité publique.

Un saule dans le fond d’une vallée rêvait d’aventures.
« Comme j’aimerais voir le monde. » se lamentait-il.
D’être enchaîné, il maudissait chaque jour que Dieu fait.
Un jour de petit vent,
Un cumulus vint à passer par dessus son feuillage.
« Pourquoi es-tu si triste » lui demanda-t-il.
« Ne vois-tu pas mes chaînes, toi qui est libre dans le vent.
J’ai deux cent ans et je ne sais même pas
Ce qu’il y a derrière cette colline. »
« Il y a la mer, répondit le cumulus. »
« La mer ! » s’étonna-t-il.
« La mer et ses blancs moutons » confirma le nuage.
« Dessine-moi un mouton » dit le saule.
Et le cumulus dessina un mouton.
Le saule et le cumulus devinrent amis comme de bien entendu.
Chaque jour que Dieu fait, et Dieu sait s’il en fait,
Le cumulus dessinait
De nouveaux paysages sur la toile du ciel.
Et le saule voyageait.
D’Afrique en Asie,
Il fit le tour de la terre sans bouger d’une racine.
Mais le cumulus voyait bien que quelque chose n’allait pas,
Son ami dépérissait de jour en jour.
« Qu’as-tu mon ami ? Es-tu malade ? Tu as perdu toutes tes feuilles.»
« Je vais bien, ne t’inquiète point, raconte moi encore le monde. »
Et le cumulus racontait le monde.
Mais un matin le saule était à l’agonie.
« Mon ami, mon ami, cria le cumulus , tu es en train de mourir. »
« Ne sois pas triste, grâce à toi, ma vie fut merveilleuse, je peux partir en paix
Puisque j’ai vu le monde. »
Quelques gouttes tombèrent.
Le cumulus pleurait à petit grain.
Il pleura tant et si bien qu’averse déclencha.
Et le cumulus disparut dans ses larmes.
Quand un chagrin est trop grand on peut parfois s'y noyer.
Et le soleil pouvait briller à nouveau qu’il n’était plus caché.
Du soleil et un peu d’eau, point n’en fallait plus pour que le saule reprenne vie.
Il ne chercha pas son ami, sachant trop bien son triste sort.
Et alors, alors seulement,
Le saule se mit à pleurer.
Moralité :
Ne laissez jamais un ami vous faire de l’ombre.