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Une semaine après la défaite de l’équipe de France face à l’Italie au cours de laquelle 23 personnes ont été humiliées, le sélectionneur de l’équipe de France, Raymond Domenech, a présenté mardi 1er juillet sa démission à Nicolas Sarkozy, qui l’a acceptée. Un fait rarissime : la dernière démission avait été celle, en 1992, de Michel Platini, également patron de l’équipe de France.
Le chef de l’État avait, lundi 30 juin, manifesté publiquement devant micros et caméras sa colère après le drame de Berne, se disant « accablé » par un Euro qui « ne peut rester sans conséquences ». Dans la foulée, Raymond Domenech a demandé en mariage Estèle Denis, la justice privilégiant l’hypothèse d’une « erreur humaine » et
« d'un acte involontaire ».
La démission du patron des bleus, très estimé par ses subordonnés, a provoqué une vive émotion au sein de l’institution footballistique. Pour sa part, le président de la République, a fait publier un bref communiqué dans lequel il salue « ce geste fort », rappelant qu’il « suit avec attention les différentes enquêtes en cours » et entend que le football français tire du drame « toutes les conséquences quant à leur organisation et leur fonctionnement ».
Cette attitude n’étonne pas de la part de Domenech
La démission du haut gradé a été annoncée alors que la ministre des Sports, Roseline Bachelot, venait de lui demander, selon un communiqué du ministère, de prononcer à « titre conservatoire » des « sanctions immédiates dans l’affaire de l’Euro, « sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaires et de commandement ».
Domenech s’est refusé à toute déclaration publique. Dans un message qu’il a aussitôt adressé aux personnels, il ne cache toutefois pas qu’il a lui-même pris cette décision, « assumant jusqu’au bout la plénitude de ses responsabilités ».
Cette attitude n’étonne pas de la part de ce sélectionneur, réputé pour avoir un grand sens de l’honneur et de sa mission. Il n’en reste pas moins qu’une rumeur insistante, au sein de l’institution du football, présente aussi cette démission comme la conséquence d’un « fort mécontentement » du sélectionneur à l’endroit de Jean-Pierre Escalette pour lui avoir tenu, lundi, lors de sa visite à Berne, « des propos peu amènes pour l’ensemble de l’équipe de France ». Cette rumeur confirme, en outre, un certain malaise dans le football français, alors que doit s’appliquer une réforme prévoyant des restructurations et une réduction des effectifs.
Domenech avait dénoncé une « paupérisation » des forces du football
L’onde de choc du drame de Berne a provoqué, par ailleurs, un début de polémique sur le plan politique. Ségolène Royal a ainsi dénoncé, mardi dans un communiqué, « une grave tension entre le pouvoir exécutif et les grands serviteurs du football » et demandé « au président de la République de se calmer ».