Les poètes, voici des gens qui sont gentils.
Je vous le garantis, ce sont de bons amis,
Car jamais, Ô jamais, ne leur arrivent-ils
D’écraser une mouche ou même des fourmis.
Celui qui parle en vers, on l’appelle poète,
Il donnerait sa vie pour trouver une rime.
Il aime à réciter dans des salons d’esthètes
Une composition qui vaut bien dix centimes.
Il parcourt les champs, les monts et puis les vaux
En reniflant des fleurs ; des lys, des héliotropes.
Il s’extasie aussi devant des petits veaux
Elevés sous la mère au destin d’escalopes.
Le cœur chargé d’émois, il rentre au crépuscule.
Il est prêt à noircir la page violine
Du feuillet quadrillé. La rime à pédoncule ?
Le voici qui hésite en pensant à Pauline.
Nota :
Je sais qu’il y en a qui vont chipoter pour la rime
"gentils" et "arrivent-ils"
mais n'empêche qu'à l'oeil, ça passe si on enlève le tiret.