D’abord il y a des forums
Qui vous donne le melon
Parce qu’on sait rimer
Qui vous donne un nom
Le poète tellement qui croit
Ou tellement qu’il a su
Qui compte sur ses dix doigts
Mais en fait qui sait plus
Lui qui est complètement Lui
Qui se prend pour le roi
Qui écrits toutes les nuits
De mauvais quatrains
Et qu’on retrouve au matin
Dans le salon principal
Fier du pied d’Estale
Qui attend le commentaire
Et puis qui balbutie
Et qui a l’oeil qui divague
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne pense pas Monsieur
On ne pense pas on écrit
Et puis, il y a les autres
Des oiseaux dans les yeux
Qu’ont jamais filé une beigne
Qu’on toujours le cœur qui saigne
Même qu’ils donneraient leur chemise
Où sont classées leurs poésies
Qu’ont lut tout Marceline Desbordes-Valmore
Une fille de la ville
Enfin d’une autre ville
Et que c’est pas fini
Ils savent plus quoi faire
Avec tous leurs petits mots
Pour rendre le monde beau
Avec leur petit stylo
Qu’aimeraient donner de l’air
Et qu'en donnent malgré tout
Avec des rimes pas riches
Avec des mots de quatre sous
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On écrit pas Monsieur
On écrit pas on est riche
Et puis il y en a d’autres
Celui qui ne dit rien
Ou bien n’importe quoi
Et çui-là qu’est malin
Sous sa belle gueule d’apôtre
C’est le gendre idéal
Ceux de l’autre coté de la mer
L’autre coté de la palissade
Le modé qui regarde le troupeau
Rimer ou se déchirer
Et ça fait des grands schraccc
Et ça fait des grand schraccc
Et puis tous les soirs il veille
Il en finit pas de verrouiller
Et qu’on attend qu’il rêve
Vu que c’est lui qu’a les clefs
Et qu’on écoute même pas
Parce que tout le monde s’en fout
Faut vous dire Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne cause pas Monsieur
On ne cause pas on joue
Et puis et puis
Et puis il y a il y a
Celle Qu’est belle comme un soleil
Et qu’on aime pareil
Que moi je l’aime
Même qu’on dit souvent
Qu’on ira dans le petit salon
Que c’est notre maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu’on vivra dedans
Et qu’il fait bon y être
Qu’on y retrouve l’amour
Qui rime comme on cause
Et des mots Doux comme des plumes
Et puis je suis plus tout seul
Elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A rimer sur mes doigts
J’ai même pas de doigts
Où alors il y a longtemps
Ou bien j’ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
Enfin il y a il y a
Celle que j’attends
Semblant que c’est pas exprès
Avec ses yeux mouillants
Elle dit qu’elle écrira
Un poème qui brûlera
Alors pour un instant seulement
Alors je la crois Monsieur
Pour un instant
Pour un instant seulement
Parce que chez ces gens là
Monsieur on croit et on rêve
Et on rêve Monsieur
On rêve debout
Mais il se fait tard Monsieur
Il faut que je me déconnecte.