Un blog à la con tout simplement. D'utilité publique.
Mon père, capitaine au long cou,
A pris la mère un petit matin.
Neuf mois plus tard,
Je larguais les amarres.
Je voguais mes premières années
Bord à bord du navire amiral.
Au soir de ma vingtième année de mère,
J’aperçus une jeune goélette,
A la voilure étincelante,
Qui chaloupait sa proue enchanteresse
De bâbord à tribord.
A cette vision, j’ai dressé le mat,
Je me suis astiqué le pont à le faire reluire de mille feux,
J’ai fait ni hune, ni nœud,
Et je l’ai abordé.
Elle m’a donné son a gréement
Pour naviguer de conserves et d’eau fraîche.
Mais après de vagues promesses
Elle fut emportée par la houle,
Qui balance et qui danse
Une folle farandole
Et qui l’a emporté au large.
Je maudis la houle qui m’a volé
La sirène qu’elle m’avait donnée.
J’ai repris seul l’amer.
J’ai croisé des cons très sauvages,
J’ai rencontré des barges,
J’ai côtoyé des vedettes,
J’ai échoué sur bien des îles usions
Où je fus mis en cale sèche plus d’une fois,
J’ai fait les pires ratés,
J’ai écumé les bars,
Traîné avec des maquereaux,
Fréquenté des morues et des thons en boite,
Mais au fanal,
Je me suis bien marée.
Vent debout j’ai passé
La quarantaine rugissante.
Aujourd’hui, je suis arrivé à bon port,
Guidé par un phare éblouissant,
Qui m’a évité bien des écueils
Et qui m’a remis à flot.
Je suis à quai.
A mes côtés,
Deux petits Vauriens clapotent
Dans les bras de la mer.