Et mon cœur ignorait que le Monde était mort.
Si je ferme les yeux, et approche le bord
De la haute colline où m’a conduit le fleuve
Du grand cycle du temps, c’est du sang qui m’abreuve,
Je peux les voir encor dans les brumes d’antan,
Des visages connus, le regard droit et franc,
Je peux voir des enfants, des femmes massacrées,
Isolés ou en tas sur nos terres sacrées,
Dans la tête une balle, ultime privilège ;
Le sang était mêlé à la boue et la neige.
Le cercle s’est brisé au dessus de nos corps
Et mon cœur ignorait que le Monde était mort.