Je viens de prendre quelques rides
Putain j’ai une sale gueule
Comme la maison me paraît vide
Voilà que je parle tout seul
Le lit est devenu trop grand
On avait commandé un cent quatre vingt
Je me suis perdu en t’y cherchant
C’est le Grand Large de chez IKEA
Il faudra perdre nos habitudes
A voir traîner tes petites culottes
J’y arriverai le temps m’aidera
La vache il est déjà dix heures
Dans cette chambre maintenant règne
Je vais aller me faire un café
Comme une odeur de solitude
Je vais aérer un peu la pièce
Je ne veux pas changer les draps
Quoique je devrais quand même
Ton parfum encore les imprègne
En fait ils sentent plus les pieds qu’autre chose
Tout dans cette pièce me rappelle
On a fait de sacrés partouzes
Ô combien tu étais belle
Sauf les lendemains de cuite
Les murs, témoin de notre amour,
Faudra que je nettoie les taches
Me racontent les premiers jours
J’étais coincé quand j’y pense
La découverte de nos corps
Il m’a fallu au moins un mois
Et puis l’amour jusqu’à l’aurore
Ça c’était au début
Ce doux sourire lorsque tu dors
Tu soufflais les petits pois
Tu aimais le café bien fort
T’as jamais su faire un bon café
Ton nom est devenu absence
Je vais me beurrer une tartine
Un synonyme de silence
Salope t’as bouffé toutes les biscottes
Aujourd’hui te voici fantôme
Et le pot de confiture
Esprit qui hante ma mémoire
Tu l’as refoutu vide dans le frigo
Qui me murmure notre histoire
J’ai plus rien à bouffer
Londres, Bruges, Amsterdam et Rome
Ça m’a coûté bonbon
Mais je ne veux pas me souvenir
Je suis à découvert
Laisse-moi, pourquoi me punir
T’as oublié tes tampax
Je veux briser toutes les glaces
T’avais un goût de chiotte
Cet appartement froid me glace
Je vais fermer la fenêtre
Il faudra bien que je m’y fasse
J’ai rendez-vous avec Solange
Puisqu’un autre a prit ma place
Bon courage.