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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 13:03

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Ce matin je me suis réveillé en étant deux.

Il y avait un autre moi à côté de moi qui me regardait avec de grands yeux écarquillés.

- Qui-t-es toi ? que je me suis dit exactement en même temps.

- Et toi ? que je me suis répondu ensemble.

Après un petit moment de perplexité bien légitime, je me suis demandé qui était moi.

Je veux dire lequel des deux moi était vraiment moi.

Mon autre moi était persuadé que c’était moi et je n’étais pas d’accord avec moi.

Il était évident qu’il y avait un moi de trop dans cette pièce.

Je me voyais difficilement me trucider car je n’aurais pas su quoi faire de mon corps.

Me découper en morceau nécessitait à mon sens une connaissance de l’anatomie humaine assez poussée, surtout au niveau des jointures, faut voir les difficultés que j’ai à décortiquer les cuisses de poulets.

Je voyais bien que je pensais la même chose.

Je n’allais pas m’entretuer.

J’ai décidé d’être en paix avec moi-même.

Moi aussi.

J’ai partagé mon petit déjeuné avec moi.

J’ai pris ma douche ensemble, j’étais peu serrés vu qu’elle n’est prévue que pour un moi.

Je trouve que j’ai pris un peu de bide et moi aussi.

J’ai décidé d’un commun accord que j’allais reprendre le sport.

 

J’ai croisé la concierge dans l’escalier qui m’a dit :

- Vous ne m’aviez pas dit que vous avez un frère jumeau ?

Mon autre moi lui a répondu :

- Ne vous en faites pas Maria, il repart ce soir.

Ça m’a foutu comme un coup au cœur.

Pourquoi serait-ce à moi de repartir ce soir ?

Pourquoi serait-il plus moi que moi ?

Je me suis vu me regarder avec un petit sourire plutôt qu’avec mes yeux.

- Je sais pas toi, mais moi je vais au bistrot qui est dans mes favoris.

Et je me suis planté là comme un con sur le trottoir alors que c’est même pas la saison.

Je suis retourné voir Maria pour en avoir le cœur net.

- Il a l’air sympa votre jumeau mais il est pas bavard. Alors comme ça il repart ce soir ?

- Oui Maria, et peut-être même un peu avant.

J’étais soulagé, Maria me confirmait que j’étais bien moi.

 

Je suis rentré chez Gustrave l’air de rien.

- Te revoilà déjà ? T’as oublié quelque chose ?

-  Non, mais est-ce que tu sais où j’allais en sortant ?

- T’es Alzheimer, tu viens de me dire que tu allais retrouver Didière au parc.

-  Oh Mon Dieu ! Didière !

Je suis ressorti en coup de vent tellement je ne manquais pas d’air d’aller voir Didière dans mon dos.

Didière ! J’allais voir Didière !

Mon double était en train d’essayer de me doubler.

Fallait que j’arrive avant moi.

 

J’ai couru autant que j’ai pu tellement j’étais en sueur.

Mais hélas, trois fois hélas, comme aurait dit Ulysse sur l’amer Egée, je suis arrivé après moi.

Nous étions déjà tranquillement à deviser, elle, à coté de moi assise sur le même banc, pudique.

Je me suis caché dans un fourré pour mieux m’observer à la dérobée tel un voleur.

 

Je ne sais pas ce que j’étais en train de lui raconter mais je me suis mis à faire de grands gestes.

Et elle riait. Elle riait.

Elle riait d’un rire qui contenait des petits éclats de bonheur.

Il semblait bien que j’étais drôle.

J’ai serré les poings tellement j’étais jaloux de moi.

J’ai eu envie d’aller me casser la gueule.

Mais je suis trop lâche. J’aurais pu me faire mal.

Je me suis surpris à lui prendre la main.

Dire que ça aurait pu pourrait être moi si j’avais couru plus vite.

Je m’en suis voulu de ne pas faire de sport.

A ce moment là, j’aurais voulu partir au bout du monde sur une île déserte où j’aurais été certain de ne pas me croiser au détour d’un croisement.

J’étais prêt à me la laisser, à me l’abandonner, il fallait que je me rende à l’évidence, j’étais beaucoup mieux que moi.

Elle serait heureuse avec moi, ça ne faisait aucun doute.

Moi, qu’est-ce que j’avais à lui proposer de mieux que moi ?

J’allais partir la tête basse comme une marée d’équinoxe, lorsque que je me suis vu essayer de la baiser sur le banc.

J’avançais mes lèvres tandis qu’elle reculait les siennes.

Comme j’insistais lourdement elle m’a filé une baffe et s’en est allée outrée comme une outre.

Ah ah ah ah ah ah ah ah, je riais tout seul dans les fourrées.

Bien fait pour moi.

J’étais comme un con sur ce banc en train de la regarder partir au loin.

Ah ah ah ah ah ah ah, la honte.

Je n’avais plus qu’à m’enfuir au loin moi aussi, mais un autre loin, un loin de l’autre côté du sien ce qui aura pour effet mathématique immédiat de doubler la distance me séparant d’elle.

C’est ce que je fis à ma grande satisfaction en prenant mes jambes à mon cou et laissant sous le banc mon tronc et mes bras qui feront le bonheur d’un médecin légiste.

Je me suis regardé disparaître de loin en loin.

J’espère bien ne jamais plus me revoir car je ne peux plus me voir.

 

Je suis allé chez Gustrave pour fêter ça.

- Alors, comment ça c’est passé ? qu’il me fait à peine rentré.

- Bien, elle m’a filé une baffe et je me suis enfui.

Il m’a regardé avec des yeux ronds comme la plupart de ses clients.

- Tu peux pas comprendre. Sers-moi un Whisky pour fêter ça. Et un double !

 

Ce soir j’ai tout le lit rien que pour moi.

Ah, ça fait du bien de me retrouver seul avec moi-même.

Demain j’irai  tout expliquer à Didière qui va sûrement me tomber dans les bras de soulagement.

Et on rira tous les deux avec des éclats de bonheur dedans…..


J'ai comme un affreux doute, et si l'autre c'était moi ?
 

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