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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en étant arrêté par la Police.

-          Avoue salaud, qu’elle me gueulait en me filant de grandes et lourdes baffes.

La Police est une dame qui n’est pas très policée.

Elle m’a sorti du lit et m’a jeté violemment contre le mur qui malheureusement se trouvait exactement entre moi et rien.

Alors que je glissais lentement le long dudit mur pour rejoindre le sol, elle en profita pour vérifier si ses brodequins, qu’elle avait cloutés de petites pointes acérées très désagréables, pouvaient labourer un dos ; Je l’ai rassuré de mon mieux.

-          Puisse que c’est comme ça, on t’emmène au commissariat pour une garde à vue, pourriture.

La Police te parle toujours à la seconde personne du singulier même si tu ne la connais pas, sauf si tu es préfet.

Elle a mis des menottes autour des miennes et m’a poussé dans l’escalier alors qu’elle prenait l’ascenseur.

On est arrivé en bas en même temps.

La concierge a détourné la tête comme elle détourne la pension du petit vieux du troisième.

 

La Police m’a jeté dans un panier à salade et m’a essoré pendant le trajet.

Le Commissaire m’a accueillit avec beaucoup d’humanité, c’est à dire en m’enfonçant son poing dans le ventre à plusieurs reprises très vite d’un geste large et harmonieux, j’en fus très touché et j’ai même  pleuré.

-          Tu vas parler c’est moi qui te le dit.

Malgré mon œil que j’avais de fermé suite à un malencontreux choc avec un casque, ce n’était pas la peine qu’il me le précise, je voyais bien que c’était lui qui me le disait et personne d’autre.

Il m’a assis sur une chaise et m’a proposé gentiment un café brûlant sur le visage.

Puis, avec quelques collègues à lui, ils ont révisé le bottin téléphonique des Bouches du Rhône sur moi.

Ils allaient attaquer le Var mais il était l’heure d’aller manger et après il ne reste plus rien à la cantine.

Mais je ne perdais rien pour attendre.

C’est vrai que je gagnais de beaux coups à les connaître.

Ils m’ont attaché au radiateur en me conseillant de ne pas bouger ce qui m’aurait été, de toutes façons, bien difficile si je l’avais voulu, à moins d’être un contorsionniste ou un homme serpent ce qui revient à peu près au même.

 

Ils sont revenu vers quatre heures en chantant « quoi ma gueule » qui n’augurait rien de bon pour la mienne.

-          Bon, on va reprendre tout de zéro, dit le commissaire ; ce qui ne m’arrangeait pas vraiment.

Il m’a dit que j’avais pas intérêt à trop à faire le mariole sinon je verrais de quel bois il se chauffe et il en profita pour m’en donner un aperçu en me cassant une chaise sur la tête.

Je ne sais pas si c’était leur haleine mais je sentais qu’ils avaient tous bu plus que de raisin, surtout quand le brigadier chef m’a vomi dessus.

J’ai franchement eu peur quand ils ont parlé de me couper les couilles mais le téléphone a sonné à la porte.

Le commissaire est allé ouvrir et c’était la brigadière qui s’excusait de les déranger pendant le travail mais elle venait de s’apercevoir qu’elle s’était trompé dans l’adresse de ce matin.

Ils ont tous été très déçu car j’étais un bon client qui n’avait rien avoué.

Beaucoup aurait déjà pris perpète, m’a dit le commissaire en me détachant avec un brin d’admiration dans la voix, il n’en avait pas assez pour faire un bouquet.

Il m’a aidé à me relever et m’a proposé de me raccompagner jusqu’à chez moi  dans une voiture banalisée avec POLICE marqué en gros dessus.

Vu leurs états, j’ai préféré rentrer à pied.

Ils ont insisté un peu pour la forme mais pas trop car j’avais fait mes preuves.

En me conduisant vers la sortie, le commissaire m’a dit que j’avais de la chance d’être tombé sur eux, parce qu’avec un juge d’instruction j’en aurais pris pour vingt ans.

-          Même en étant innocent ? parvins-je à articuler entre deux caillots de sang.

-          Surtout. Il n’aiment pas reconnaître leurs erreurs, qu’il que dit en me donnant une grande

tape amicale dans le dos qui m’a fait cracher la molaire qui ne tenait plus qu’à un nerf.

-          Au plaisir, qu’il me fit en me broyant la main en souvenir du passé.

 

Je suis allé directement au bistrot que j’étais bien content d’avoir mis dans mes favoris.

-          Ouh, toi t’as la tête des mauvais jours, m’a fait Gustrave le Tenancier alors que j’entrais

avec ma tête.

Je lui ai demandé de me servir quelque chose de fort et de ne pas en rajouter.

Il m’a donné quelque chose de fort et n’en n’a pas rajouté.

J’ai descendu cette chose forte d’un trait et je lui en ai réclamé une autre dans la foulée que j’avais régulière.

Il m’en a servi une autre sans en rajouter alors que j’aurais bien voulu.

J’ai tiré un autre trait, un peu moins droit, puis j’ai pris la porte en lui promettant de lui ramener le lendemain.

J’étais un peu ovale ; il était grand temps que je parte avant d’être complètement rond.

 

Je suis rentré chez moi en traînant les pieds derrière moi car mes chaussures me faisaient atrocement souffrir, et j’avais eu ma dose.

J’ai posé la porte du bistrot à la place de la mienne qui était toute défoncée, et j’ai poussé un soupir de soulagement jusqu’au milieu du salon en me sachant protégé des bandits de la Police.

J’ai dé-lyophilisé une petite soupe à la grimace en sachet qui me restait de mes dernières vacances à Dunkerque, que je me suis dépêché d’avaler car elle allait être périmé dans les cinq minutes.

Le jour est parti se coucher et la nuit à pris son service avec deux minutes de retard, ce qui a occasionné un léger disfonctionnement spatio-temporel en Chine, mais personne ne s’en ait aperçu.

 

Je viens de m’allonger dans le but de dormir à l’aide de mes yeux que je compte garder fermés jusqu’au lendemain matin.

J’ai, en toute modestie, bien mérité un bon sommeil du juste milieu.

J’espère que demain matin la Police ne se trompera pas d’adresse parce qu’il ne me reste plus qu’une dent.

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 13:03

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Ce matin je me suis réveillé en étant deux.

Il y avait un autre moi à côté de moi qui me regardait avec de grands yeux écarquillés.

- Qui-t-es toi ? que je me suis dit exactement en même temps.

- Et toi ? que je me suis répondu ensemble.

Après un petit moment de perplexité bien légitime, je me suis demandé qui était moi.

Je veux dire lequel des deux moi était vraiment moi.

Mon autre moi était persuadé que c’était moi et je n’étais pas d’accord avec moi.

Il était évident qu’il y avait un moi de trop dans cette pièce.

Je me voyais difficilement me trucider car je n’aurais pas su quoi faire de mon corps.

Me découper en morceau nécessitait à mon sens une connaissance de l’anatomie humaine assez poussée, surtout au niveau des jointures, faut voir les difficultés que j’ai à décortiquer les cuisses de poulets.

Je voyais bien que je pensais la même chose.

Je n’allais pas m’entretuer.

J’ai décidé d’être en paix avec moi-même.

Moi aussi.

J’ai partagé mon petit déjeuné avec moi.

J’ai pris ma douche ensemble, j’étais peu serrés vu qu’elle n’est prévue que pour un moi.

Je trouve que j’ai pris un peu de bide et moi aussi.

J’ai décidé d’un commun accord que j’allais reprendre le sport.

 

J’ai croisé la concierge dans l’escalier qui m’a dit :

- Vous ne m’aviez pas dit que vous avez un frère jumeau ?

Mon autre moi lui a répondu :

- Ne vous en faites pas Maria, il repart ce soir.

Ça m’a foutu comme un coup au cœur.

Pourquoi serait-ce à moi de repartir ce soir ?

Pourquoi serait-il plus moi que moi ?

Je me suis vu me regarder avec un petit sourire plutôt qu’avec mes yeux.

- Je sais pas toi, mais moi je vais au bistrot qui est dans mes favoris.

Et je me suis planté là comme un con sur le trottoir alors que c’est même pas la saison.

Je suis retourné voir Maria pour en avoir le cœur net.

- Il a l’air sympa votre jumeau mais il est pas bavard. Alors comme ça il repart ce soir ?

- Oui Maria, et peut-être même un peu avant.

J’étais soulagé, Maria me confirmait que j’étais bien moi.

 

Je suis rentré chez Gustrave l’air de rien.

- Te revoilà déjà ? T’as oublié quelque chose ?

-  Non, mais est-ce que tu sais où j’allais en sortant ?

- T’es Alzheimer, tu viens de me dire que tu allais retrouver Didière au parc.

-  Oh Mon Dieu ! Didière !

Je suis ressorti en coup de vent tellement je ne manquais pas d’air d’aller voir Didière dans mon dos.

Didière ! J’allais voir Didière !

Mon double était en train d’essayer de me doubler.

Fallait que j’arrive avant moi.

 

J’ai couru autant que j’ai pu tellement j’étais en sueur.

Mais hélas, trois fois hélas, comme aurait dit Ulysse sur l’amer Egée, je suis arrivé après moi.

Nous étions déjà tranquillement à deviser, elle, à coté de moi assise sur le même banc, pudique.

Je me suis caché dans un fourré pour mieux m’observer à la dérobée tel un voleur.

 

Je ne sais pas ce que j’étais en train de lui raconter mais je me suis mis à faire de grands gestes.

Et elle riait. Elle riait.

Elle riait d’un rire qui contenait des petits éclats de bonheur.

Il semblait bien que j’étais drôle.

J’ai serré les poings tellement j’étais jaloux de moi.

J’ai eu envie d’aller me casser la gueule.

Mais je suis trop lâche. J’aurais pu me faire mal.

Je me suis surpris à lui prendre la main.

Dire que ça aurait pu pourrait être moi si j’avais couru plus vite.

Je m’en suis voulu de ne pas faire de sport.

A ce moment là, j’aurais voulu partir au bout du monde sur une île déserte où j’aurais été certain de ne pas me croiser au détour d’un croisement.

J’étais prêt à me la laisser, à me l’abandonner, il fallait que je me rende à l’évidence, j’étais beaucoup mieux que moi.

Elle serait heureuse avec moi, ça ne faisait aucun doute.

Moi, qu’est-ce que j’avais à lui proposer de mieux que moi ?

J’allais partir la tête basse comme une marée d’équinoxe, lorsque que je me suis vu essayer de la baiser sur le banc.

J’avançais mes lèvres tandis qu’elle reculait les siennes.

Comme j’insistais lourdement elle m’a filé une baffe et s’en est allée outrée comme une outre.

Ah ah ah ah ah ah ah ah, je riais tout seul dans les fourrées.

Bien fait pour moi.

J’étais comme un con sur ce banc en train de la regarder partir au loin.

Ah ah ah ah ah ah ah, la honte.

Je n’avais plus qu’à m’enfuir au loin moi aussi, mais un autre loin, un loin de l’autre côté du sien ce qui aura pour effet mathématique immédiat de doubler la distance me séparant d’elle.

C’est ce que je fis à ma grande satisfaction en prenant mes jambes à mon cou et laissant sous le banc mon tronc et mes bras qui feront le bonheur d’un médecin légiste.

Je me suis regardé disparaître de loin en loin.

J’espère bien ne jamais plus me revoir car je ne peux plus me voir.

 

Je suis allé chez Gustrave pour fêter ça.

- Alors, comment ça c’est passé ? qu’il me fait à peine rentré.

- Bien, elle m’a filé une baffe et je me suis enfui.

Il m’a regardé avec des yeux ronds comme la plupart de ses clients.

- Tu peux pas comprendre. Sers-moi un Whisky pour fêter ça. Et un double !

 

Ce soir j’ai tout le lit rien que pour moi.

Ah, ça fait du bien de me retrouver seul avec moi-même.

Demain j’irai  tout expliquer à Didière qui va sûrement me tomber dans les bras de soulagement.

Et on rira tous les deux avec des éclats de bonheur dedans…..


J'ai comme un affreux doute, et si l'autre c'était moi ?
 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant rendez-vous avec Dieu.

J’avais reçu un message sur mon répondeur la veille au soir.

C’était Dieu, avec sa grosse voix de Tout Puissant qui me donnait rendez-vous chez Gustrave pour le lendemain, au alentour de 11h30, pour l’apéro, je le reconnaissais bien là le vieux grigou.

Dieu, je ne le connaissais pas personnellement, sinon comme tout un chacun, via son service après-vente.

En m’habillant, je me demandais bien ce qu’il avait à me dire.

Ou à me demander, ce qui m’inquiétait davantage.

C’est pas que je n’aime pas rendre service, mais vu comment il a traité son fils, je me méfiais un peu.

J’avais pas trop envie de passer pour un illuminé avec des tables de la loi sous le bras ou je ne sais quoi d’autres.

Surtout qu’après, en général, il n’y a plus personne, et il vous laisse vous d’emmerder tout seul comme un con.

Merci bien.

Je me suis habillé comme quelqu’un qui a rendez-vous avec Dieu, mais en plus discret.

 

Alors que je croisais la concierge dans les escaliers, elle m’a dit d’un ton angélique, bien que ce ne soit pas son prénom (elle se prénomme simplement Maria comme vous vous en doutez) :

-          Habillé comme vous êtes, on vous donnerait le Bon Dieu sans confession aujourd’hui

monsieur Gilonimo.

Je sais bien que l’habit ne fait pas le moine, mais je dois dire que je suis sorti tout auréolé de ce compliment, surtout sous les bras car il faisait une chaleur d’enfer.

 

C’est avec anxiété que je suis entré chez Gustrave. Je précise qu’anxiété n’est pas une de mes relations mais une manière de décrire mon appréhension.

La salle était particulièrement enfumée, on n’y voyait pas à un mètre.

Je suis arrivé jusqu’au bar sans difficulté car je connais le trajet sur le bout de mes souliers pour l’avoir fait un bon millier de fois, à l’aller comme au retour où en général je ne vois pas à un mètre même par temps clair.

-          Y a un type qui t’attend, m’annonça Gustrave tel l’ange Gabriel.

-          Il est où ?

-          A la table du fond.

J’y suis allé.

 

Je fut très surpris de voir un petit monsieur assis à la table du fond, il ne payait pas de mine dans son costume gris trois pièces ringard comme un costume gris trois pièces.

Je l’interrogeais du regard. Il me fit oui avec sa tête, l’air gêné de quelqu’un qui s’excuse en demandant pardon.

Je m’assois et il y eu un silence pendant lequel un ange passa.

-          Un ange passe, il doit être moins vingt, que j’ai dit pour me donner une contenance.

En parlant de contenance, j’aurais bien voulu que Gustrave se ramène car j’avais une soif de connaissance ( il s’agit de Robert la connaissance, Robert c’est le genre de type à avoir soif en permanence).

-          Il arrive, qu’Il me dit.

Et effectivement, Gustrave est sorti du brouillard, comme le Clémenceau entrant dans la rade de Brest.

-          Qu’est-ce que je sers à ces messieurs ?

Oh l’autre, il faisait comme s’il ne me connaissait pas.

Dieu commanda une Sainte Yorre et moi une trappiste pour rester dans le ton.

 

-          Vous ne m’imaginiez pas comme ça, n’est-ce pas ?

-          C’est à dire, que, vous comprenez, c’est, comment dire, je ne voulais pas le vexer et je

tournais autour du pot comme si j’étais une petite cuillère.

-          Ne vous donnez pas tout ce mal, je ne suis pas dupe, je n’ai pas la tête de l’emploi, je le

sais bien, depuis le temps que je fais ce métier. Tiens, pour votre répondeur, j’ai été obligé de

trafiquer ma voix avec un logiciel, sinon vous auriez cru à une blague, n’est-ce pas ?

Je fus bien obligé d’admettre.

-          Vous voyez. On me fait passer pour ce que je ne suis pas, on m’accuse de tout les maux,

et tout ça parce que j’ai créé le monde en  six jours, tu parles, j’ai pas fignolé non plus.

On me reproche d’avoir chassé Adam et Eve, pour une pomme ! une pomme ! Vous vous rendez compte ? Une pomme !

Il était outré, j’ai senti en lui de la colère, mais une colère toute en douceur, une colère tellement gentille qu’elle passerait pour de la bonne humeur chez n’importe qui d’autre ; et puis tout de suite, j’ai senti qu’il avait honte d’avoir eu, ne serait-ce qu’un milligramme de cette colère, et il s’excusa aussitôt de s’être mis dans cet état.

Gustrave est arrivé avec les boissons et il est reparti sans.

 

-          Ce qui me fait le plus de mal, voyez-vous, c’est ça, que l’on m’accuse de les avoir chassé

pour un aussi futile motif. Vous pensez bien qu’ils pouvaient bien manger toutes les pommes de

mon verger, et même si ça avait été des bananes.

J’avais envie de lui remonter le moral mais je ne savais pas quoi lui dire. J’avais fini ma bière et je commençais à me faire chier.            

Alors j’ai recommandé une tournée.

 

J’ai repris la même chose moussue, Dieu, pour sa part, à demandé une bouteille de Saint-Emilion, un pote à lui qu’il m’a précisé.

Je l’ai remercié pour la bière et pour toutes les autres choses que sans lui on auraient bien incapables d’inventer et j’ai descendu ma Trappiste d’une traite tandis que le Saint Emilion colorait les joues de Dieu d’un joli vermillon du plus bel effet qui lui a fait dire :

-          C’est bien vrai ça.

Et on a remit ça.

 

A la quatrième trappiste me concernant et à la deuxième bouteille du Tout Puissant, on a refait le monde, mais de manière bien plus rigolote, je peux vous le garantir.

A la fin de la quatrième bouteille de son pote, Il voulait aller jouer au foot avec la terre, je l’ai arrêté juste à temps, surtout qu’Il voulait me mettre dans les buts.

En plus, je suis nul dans les buts.

 

Au moment de l’addition, Dieu à dit : ch’est pour moi.

J’ai dit à non non non non, pas quechtion de chez pas quechtion, ch’est pour moi.

Qu’est-che que j’entends là,  mais qu’est-che que j’entends là, non dis donc, hein ? ch’est moi qui cht’es invité, ou pas ?

Ou pas.

Ts tsts ststststst, pas de cha entre nous, che paye, chai dit, achmi tavernier, O achmi tavaernier, ouch qu’il est ? la chnote chest pour ma pomme.

Ma pomme !

Et il s’est mis à pleurer.

Finalement, c’est moi qui ai payé car il n’avait pas sa carte bleue. 

 

On est sorti bras dessous, bras dessus , en chantant la digue du cul.

Il faisait super nuit.

On s’est fait engueuler parce qu’on faisait du bruit par des gens qui auraient bien voulu dormir.

Dieu les a envoyé chier.

Ce qu’ils ont fait aussitôt dans leur pyjama.

On s’est bien marré.

On s’est quitté en se promettant de se revoir. 

 

En me couchant, j’ai pensé que, décidemment, Dieu ne tenait pas l’alcool.

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en étant le Messie.

Je flottais un bon mètre au-dessus de mon lit et ça m’a mis la puce à l’oreille.  

Et une voix se fit entendre dans la chambre :

“ Tu es mon fils bien-aimé, c’est en toi que j’ai mis toute mon affection.

Lève toi et marche. ”

Je me suis levé et je me suis cassé la gueule d’une hauteur un peu plus haute que prévu.  

 

Alors que j’allais pour me baptiser tranquillement dans la baignoire que j’avais fait installer dans la salle de bain parce que c’est l’endroit qui m’est venu à l’esprit lorsque le plombier m’a demandé “où c’est que j’la mets? ”, 

j’en fus empêché par trois types basanés qui campaient dans le couloir avec leurs chameaux.

Ils se sont prosterné à ma vue et m’ont offert de l’encens, de la myrrhe et des nougats.

Je les ai foutu dehors à coups de pompes dans le cul avant qu’ils ne me dégueulassent toute la maison.

J’ai gardé les nougats parce que j’aime bien, et je suis allé laver les miens.

 

Et aussitôt que je fus sorti de l’eau , je vis le plafond s’ouvrir en deux, et l’Esprit en forme de colombe descendre et demeurer sur moi.

J’avais beau gesticuler dans tout les sens, cette pourriture continuait à me chier dessus.

J’ai réussi à la chasser à l’aide un jet d’eau bouillante bien placé en travers de la gueule.

Comme vous pouvez vous en douter, j’ai été obligé de recommencer mon baptème.

En vérité je vous le dis, la journée commençait mal.

 

J’avais une barbe de 3 mois et je portais des babouches.  

La concierge était à quatre pattes en train de ramasser des merdes de chameaux en râlant dans le hall de l’immeuble.

Elle m’insultait dans mon dos en me tournant le sien. 

-          Femme de peu de foi, en vérité je vous le dis, un jour viendra, lui dis-je péremptoire. 

La concierge a sursauté et s’est retournée. 

-          Vous me ferez quatre parterres et deux lavés, Maria, dis-je en me dématérialisant alors qu’elle se signait l’avant bras.

 

Alors je fus conduis par l’esprit sur le trottoir, 

Et ayant jeûné depuis le levé, j’eus soif, 

Et le Diable, s’approchant de moi, me dit : 

-          Si vous êtes le fils de Dieu, allez boire un coup dans ce bistrot qui trône dans vos favoris. 

Il ne m’a pas tenté deux fois. 

 

-          Seigneur, c’est a cette heure-ci que tu arrives ! s’écria Gustrave le Tenancier alors que j’entrais comme deux justes.

-          En vérité je te le dis, Les voies du Seigneur sont impénétrables sauf par une petite bière bien fraîche. 

Tous les clients furent bien d’accord avec moi. 

Je leur dis : Rejoignez-moi au comptoir pour une tournée générale et je vous conduirai au royaume des vieux. 

Ils ont abandonné leur table en criant hip hip hip houra ! 

Il y avait Vincent, François, Paul et les autres. 

Nous étions treize avec Gustrave le Tenancier. 

J’y voyais comme un signe. 

 

J’ai demandé s’il y avait un Judas dans le tas. 

Personne ne s’est dénoncé. 

Je leur ai demandé leur carte d’identité à ces enculés. 

Il y en avait un qui s’appelait Judin. 

Je l’ai regardé droit dans les yeux et je l’ai embrassé.

Je leur ai dit, venez avec moi sur les bords du lac de Tibéri.

 -          Moi aussi, demanda Judin. 

Je lui répondis oui avec un large sourire christique.

 

Et ouvrant la bouche, je leur enseigna : 

Bienheureux les pauvres d’esprit parce qu’ils n’ont pas d’humour, 

Bienheureux ceux qui sont doux car ils seront caressés, 

Bienheureux ceux qui pleurent parce qu’ils auront des mouchoirs, 

Bienheureux ceux qui sont affamés et altérés de justice parce qu’ils iront en prisons, 

Bienheureux ceux qui sont miséricordieux car ils seront bien chaussés, 

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur parce que c’est mieux, 

Bienheureux ceux qui ont soif parce qu’on va boire un coup avant de partir. 

Ils ont tous fait hip hip hip houra !  

 

Ça faisait chier Gustrave le Tenancier de venir à cause qu’il ne voulait pas fermer sa boutique. 

-          En vérité je te le dis, ne vois-tu pas que tous tes clients sont mes disciples ? 

Je suis le pécheur d’hommes de peu de foie, viens avec moi sinon, au retour, nous irons tous chez Ronan le Barman qui est en face de la Samaritaine et tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer au lieu de t’en servir pour voir. 

 

Avant de partir, j’ai avalé un truc à réveiller un mort, et d’ailleurs j’en ai ressuscité quatre devant la gare Saint Lazare. 

Sur le chemin du lac, j’ai eu le temps de rendre la vue à un aveugle qui n’en croyait pas ses yeux, de guérir un lépreux malpoli qui m’a fait un doigt, de redonner l’ouie à  un couple de sourds qui ne s’entendait plus, et comme ça m’avait mis en forme, j’en ai profité pour faire courir un tétraplégique ventre à terre et parler avec un muet qui m’a dit merci. 

 

Arrivé au lac de Tibéri, il s’assembla autour de moi une foule de Parisiens ; c’est pourquoi je suis monté sur une barque où je m’assis, tout le peuple se tenant sur le rivage ; 

En vérité je vous le dis, elle fait partie de la famille des coniques, c’est une courbe que l’on obtient en sectionnant un cône de révolution par un plan. Ecoutez moi bien, Appolonius, l’un des trois plus grand de l’école d’Alexandrie après Euclide et Archimède, est le premier à avoir formalisé et unifié cette notion. 

C’est une parabole, s’écria quelqu’un dans la foule. 

Et j’ai tracé une parabole dans l’air. 

Et la foule me réclama une autre parabole. 

Mais c’était bon, j’avais plutôt envie de faire un cent dix mètres haies sur le lac.

 

Et j’ai réuni mes apôtres, 

Et je leur dis : il  est venu le temps de rentrer au Royaume dudit Vin. 

Hip hip hip houra crièrent les apôtres. 

Et on a tous filé au bistrot.

 

Et à l’entrée du bistrot, j’ai appelé Judin. 

Tu vois, lui dis-je, tu m’as baisé une fois il y a deux mille ans, mais pas deux mon vieux, pas deux, parce que moi, tu vois,  j’ai une mémoire d’éléphant ; alors tu vas me faire le plaisir d’aller porter la bonne parole ailleurs si tu ne veux pas que je t’excommunie à grands coups de lattes ; 

En vérité je te le dis, t’es une belle pourriture Judin, que j’ai crié alors qu’il se sauvait tel un renard. 

Et il s’est mis à pleuvoir des cordes pour qu’il puisse aller se pendre.

 

On a fêté ça avec mes disciples en buvant mon sang jusqu’à pas d’heure, pas d’heure c’est entre tard et tôt, c’est au-delà de la petite aiguille, juste avant le moment ou la police est venu pour nous dire d’arrêter notre bordel. 

Je me suis caché sous une table. 

J’avais bien fait de confesser Judin car cette rognure m’aurait trahit. 

 

On avait bien fait l’épître avec les apôtres. 

Je viens juste de me coucher les bras en croix, crucifié de sommeil. 

J'espère qu'au réveil je ne serais pas le prophète, mais ce n'est pas gagné si j'en crois mon mal au crâne.

Bonjour la fatwa.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant un enfant.

Il était dans un petit berceau à côté de mon lit à pleurer comme un veau, je dis comme un veau sans aucune garantie car je n’ai jamais entendu pleurer un veau mais je suis à peu près certain que je ne suis pas très loin de la vérité.

D’autant plus qu’une forte odeur de merde est venu me chatouiller les narines, et ça ne m’a pas fait rire du tout.

Je me suis penché pour le voir d’un peu plus près, je ne suis pas resté longtemps car je suis assez sensible du nez.

Qu’est-ce que c’est moche un bébé ! On m’en avait parlé mais je ne pensais pas que c’était à ce point là.

Je suis allé dans la cuisine chercher du lait et comme de bien entendu la vache était déjà parti paître et s’était tant pis.

J’ai fait réchauffer vite fait un petit cassoulet au micro-onde que j’ai ensuite écrasé bien bien, auquel j’ai rajouté un peu d’eau mélangé avec de la craie, pour la couleur, et le tour était joué comme disait Armstrong entre deux piqûres.

Il n’y a vu que du feu car il s’est brûlé gravement, on n’arrive jamais à bien savoir quand c’est trop chaud avec les micro-ondes.

Comme je ne suis pas du genre à me laisser abattre par le premier venu, j’ai pris les choses en mains.

J’ai changé sa couche contre un slip et je lui ai expliqué les toilettes. Je ne suis pas certain qu’il ait compris, d’ailleurs je pense que c’est un étranger car il parle une langue étrange que je ne comprends pas.

J’ai décidé d’en avoir le cœur net parce que je n’aime pas être négligé, surtout de l’intérieur.

J’ai fait ni une, ni deux, ni trois, ni quatre, pas même cinq, pas plus que six ou huit, encore moins neuf, quant à dix je n’en parle même pas comme aurait Alphonse, je l’ai glissé dans mon sac de sport, en prenant bien soin à ce que sa tête dépasse et je suis sorti en moins de temps qu’il ne faut pour compter jusqu'à dix.

 

Au bout de quelques mètres, disons une vingtaine pour être précis, j’ai fatigué un peu des bras, j’aurais dû retirer mes boules de bowling et mes poids et haltères du sac, en parlant des haltères ça m’a donné l’envie d’aller au bistrot que j’ai mis dans mes favoris m’en jeter un.

 

Gustrave le Tenancier a fait deux gros yeux ronds quand il m’a vu entrer, c’est ce qu’il fait de mieux avec le tripoux d’agneau.

Il a pris l’haltère en pleine poire ce qui l’a laissé de marbre de part sa constitution.

-          Cètatoi ? qu’il me dit comme un score de tennis.

J’ai beau lui expliquer que le tennis se joue en set de six jeux, avec deux jeux d’écart sinon il y a tie-break, il n’y a rien à faire ; lui à part la Pelote Alsacienne.

-          T’es fou, lui rétorquais-je du tac au tac.

-          Je me disais aussi, parce qu’il est vert.

-          Il n’est pas vert, il est bleu, dis-je du tic au tic.

-          Vert, vert amiante même, qu’il insista.

Je n’ai pas trop discuté car je suis moi-même daltonien depuis que j’ai lu la collection complète des albums de Lucky Luke.

-          Un petit blanc sec, qu’il m’a proposé.

-          Je le préférerais liquide, ai-je négocié.

-          Il ne m’en reste plus, tout c’est évaporé avec la canicule, tu veux autre chose ?

Je lui ai fait le petit mouvement de la tête de haut en bas et de bas en haut, et ça plusieurs fois alternativement, qui est un code secret entre nous qui veut dire que j’acquiesce.

Je lui ai demandé s’il ne connaissait pas une crèche qui aurait pu accepter le petit contre deux balles de tennis.

Il m’a dit qu’à Noël, il y aurait peut-être une opportunité.

-          ça fait loin, le petit sera adulte d’ici là, m’exclamais-je sans autre forme de procès.

Je lui ai tendu ma veste qu’il a enfilé mais elle ne lui allait pas du tout, surtout au niveau du métatarse.

-          Merci quand même d’avoir essayé, lui ai-je dit amicalement.

Je crois que cet excès de tendresse l’a mis mal à l’aise, on aurait entendu une mouche voler dans un grand magasin.

-          Je vais aller me promener avec le petit dans le parc, coupais-je court.

Et je suis sorti après avoir réglé l’addition sur douze.

 

Sur le chemin du parc, comme de bien entendu, nous avons écouté notre ventre et nous avons cassé une petite graine sur le pouce d’un auto-stoppeur qui nous a remercié bien poliment bien que ça lui ait attiré une nuée de pigeons voyageurs de commerce et qu’il n’y en avait pas pour tout le monde. Ça a déclenché une bagarre générale entre les pigeons voyageurs de commerce vendeurs d’encyclopédiques et les autres.

Comme il y en a qui voulait nous rentrer dans les plumes, nous nous sommes éclipsés totalement comme ça arrive une fois tous les cent ans. 

 

Le parc était désert et j’avais les chaussures pleines de sable.

Il y eu bien vite un attroupement autour de moi car j’étais le seul homme.

Elles se sont toutes extasiées comme savent si bien le faire les femmes dès qu’il s’agit d’un nourrisson.

Elles poussaient de petits cris stridents qui faisait très mal aux oreilles.

Quel âge a-t-il me questionna une femme qui n’en avait pas, tandis qu’une vieille qui devait en avoir quatre vingt dix huit mais qui en paraissait trente dit quelque chose d’autre.

Je n’arrivais pas à détacher mon regard d’une femme brune qui portait un pull jacquard bleu marine avec des bandes jaunes entrecroisées qui la moulait au plus juste et qui devait être d’origine d’Amérique centrale au vu des deux magnifiques mexicains qu’elle arborait, mais j’ai finalement réussi avec un peu d’eau tiède.

Une, qui devait peser au bas mot cent vingt kilos et encore, proposa qu’on fasse un petit rugby puisque nous n’avions rien de mieux à faire.

D’accord fit une Toulousaine, qui avait un fort accent breton, mais sans goal volant car sinon c’est de la triche.

Nous n’avons pas joué longtemps car le petit ne rebondissait pas assez  parce qu’il n’était pas assez gonflé et que personne n’avait de pompe.

Juste avant que tout le monde ne vaque à ses occupations, j’ai donné le nouveau-né en échange de quoi à une femme qui n’en avait qu’un et qui désirait en avoir une paire.

J’était assez content de m’en être débarrassé à si bon compte.

 

Le reste de ma journée ne mérite pas qu’on s’y attarde si je ne veux pas rentrer trop tard.

 

Le soir venu, je me suis mis dans cette position que j’adore pour dormir, c’est à dire bien parallèlement au sol, séparé de celui-ci par un sommier surmonté d’un matelas de bonne facture, que je garde précieusement car il est encore sous garantie, et je me suis endormi du sommeil du juste en me promettant que je n’aurais plus jamais d’enfant.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:00

Ce matin, je me suis réveillé en ayant rendez-vous avec Didière.

J’étais excité comme une puce ; si j’avais eu un chien j’aurais passé ma journée à lui bouffer le dos, mais je n’en ai pas et c’est tant mieux car ça n’aurait pas été marrant comme journée.

En trois sauts je me suis rendu à la salle de bain où je me suis astiqué le gaillard et d’autres parties de mon anatomie, tel les écoutilles, le beaupré, le petit foc et tout de suite après, comme c’était prévisible, le grand ; je me suis briqué le cacatois ; je me suis brossé la bouche à feux ; je me suis passé un peu de brigantine et comme j’étais fin prêt pour le branle bas, j’ai mis les voiles.

 

La concierge n’était pas dans les escaliers mais debout dessus comme à son habitude.

Elle m’a dit que j’étais beau comme un sou neuf.

Peut-être était-ce une allusion à ses étrennes que j’avais oublié.

 

Pour me donner du courage, je me suis arrêté dans le bistrot qui est toujours dans mes favoris en bonne place.

Gustrave le Tenancier a sifflé lorsque je suis entré.

-          Tu es fier comme Harpagon, qu’il m’a dit.

Je pense qu’il voulait dire Artaban, à moins que ce ne soit une allusion à mon ardoise.

Je n’ai pas fait long feu car je brûlais d’amour mais aussi et surtout comme je n’avais pas encore reçu ma pension du mois de milliardaire à vie, je n’avais pas envie qu’il me prenne la tête pour une sordide histoire d’argent que je n’avais pas.

 

Je me suis rendu d’un pas guilleret au parc pour la bonne et simple raison que c’est là que j’avais rendez-vous.

Le parc a ceci de particulier que l’on peut s’y perdre d’amour si on ne fait pas attention.

Je n’avais pas l’intention d’errer comme une âme en peine à jouir aussi j’ai fait très attention.

J’ai balisé le chemin avec des petits cailloux blancs que je lançais à la cantonade tel des petits cailloux blancs.

 

Didière m’avait posé un lapin.

Il était dans un panier en osier à m’attendre bien sagement.

Je l’ai pris dans mes bras. Il était tout blanc avec de grands yeux d’albinos, et très doux à caresser.

Il a voulu me grignoter un doigt et je lui ai filé une baffe.

Mais ce connard a continué alors je lui ai mordu la queue pour qu’il comprenne.

Il a été vexé et ne m’a plus adressé la parole, ce qui ne me dérangea pas outre mesure puisqu’il n’avait encore rien dit.

Comme je n’aime pas les animaux, je l’ai donné à une petite mendiante qui m’a promis de bien s’occuper de lui dans une casserole.

 

Et Didière est apparue

 

Didière est apparue

 

Didière 

 

apparue

 

Elle n’était qu’une petite tache tout au bout de l’allée.

Une petite tache lumineuse.

A mesure qu’elle approchait, comme par miracle, elle se faisait plus nette.

C’est bien, j’ai pensé, parce que ça m’aurait gêné qu’elle reste une tache.

Et puis, j’ai distingué ses traits, sa bouche, ses yeux, son nez, et encore sa bouche, et encore son nez et encore ses yeux, et toujours sa bouche qui, malgré la distance me séparant d’elle qui rapetissait au gré de ses pas, restait toujours aussi petite alors que ses yeux doublaient de volume.

J’ai pris conscience qu’elle avait une toute petite bouche et de grands yeux.

Bleus.

Non verts.

Peut-être bien bleus.

Daltonien, c’est pas pratique pour les couleurs.

Elle m’a souris.

C’est le morceau que je préfère.

-          Bonjour Didière.

-          Je m’appelle Raymonde.

-          C’est joli, m’exclamais-je.

J’étais prêt à tout accepter.

Nous avons passé un après-midi formidable, surtout moi.

Je buvais ses paroles, je la mangeais des yeux jusqu’à plus soif.

 

Là, il y a un temps qui n’est qu’à nous, vous n’avez qu’à aller faire un tour en attendant, lire une poésie à la con, c’est pas ce qui manque, aller pisser, comme si c’était une pub, vous chatouiller ou faire  je ne sais pas quoi d’autre de lubrique avec votre main si ça vous dit, ce n’est pas mon problème et je ne vous demanderais rien car je m’en fous parce que moi je suis avec elle, alors ce que vous pouvez foutre, je m’en tape un max Simone, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Et puis nous sommes séparé alors que la nuit tombait doucement avec grâce et humilité, dans la vie il faut toujours se séparer à un moment ou à un autre, j’aurais préféré à un autre.

-          Bonsoir Didière.

-          Je m’appelle Raymonde.

-          C’est pas grave, que j’ai dit.

Et elle s’est éloignée redevenant une petite tache, mais de dos.

Mais je savais pour sa bouche, je savais pour ses yeux, je savais pour son nez, et je savais encore pour sa bouche, et encore pour ses yeux, et encore pour son nez,  oui je savais tout ça, comme si j’étais de l’autre côté d’elle, du côté où elle arrive.

Et elle a disparu avec le jour.

Et le parc était vide.

C’est étrange comme le vide peut prendre toute la place.

J’ai voulu courir pour lui dire

pour lui dire

pour lui

dire

Mais j’ai pas bougé.

Je crois bien que j’étais mort.

 

Il n’y avait plus qu’elle dans mes favoris, du coup j’ai pas été boire un coup, j’ai pensé que je n’en avais pas tiré non plus.

Et ça m’a fait chier.

 

Je suis allé direct me coucher, tout habillé d’elle.

Et nous allons passer une nuit merveilleuse, surtout moi.

J’espère que demain je me réveillerais en étant moins con.

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:00

 

Ce matin, je me suis réveillé en étant amoureux ; Je peux vous garantir que ça fait une drôle d’impression. 

J’avais les jambes en coton et j’ai eu bien du mal à tenir debout, mais le coton a durci et après c’était plus facile. 

Comme tous les matins, j’ai traversé l’appartement pour me rendre dans la petite pièce prévu à cet effet où j’ai uriné tout mon saoul de la veille à l’abri du regard indiscret que j’avais fait poser car je suis claustrophobe, surtout dans les ascenseurs qui montent (dans ceux qui descendent, pour ma part, je n’y monte jamais). 

J’ai ensuite petit déjeuné en pets vu que j’avais mangé des flageolets au souper. 

J’ai retraversé l’appartement dans l’autre sens en passant par le petit salon qui jouxte la salle de bain pour me rendre dans la buanderie où je me suis mis sur mon 31 par le fait que le 32 était déjà occupé et que j’avais donné le 30 au pressing. 

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire aujourd’hui ? telle est la question que je me suis posé par terre devant moi.

J’avais beau la tourner dans tous les sens, je n’arrivais pas à en trouver la réponse. 

Depuis que je suis devenu milliardaire à vie en grattant un de ces jeux  « devenez milliardaire à vie » de la Française des Bœufs, ma vie à changé dans le sens où l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est bien dommage. 

J’ai pris la décision de sortir en attendant mieux. 

 

 La concierge m’a fait un petit clin d’œil alors que je passais devant sa loge, j’ai dû patienter un peu qu’elle le termine et je l’ai glissé dans ma poche où se trouvait tous ceux de la semaine que j’avais oublié de jeter. 

Comme je sortais elle m’a lancé un : 

-  Alors, amoureux ? Que j’ai eu juste le temps de rattraper avant qu’il ne s’envole. 

Comment savait-elle que j’étais amoureux ? Etait-ce inscrit sur mon visage ? Voilà bien un mystère qui allait me poursuivre jusqu’à la fin de mes jours (alors que la nuit, je n’ai jamais pu savoir où il pouvait bien aller).

Je suis rentré dans le bistrot que j’avais mis dans mes favoris. 

Tous les regards se sont tournés vers moi tandis que leurs propriétaires regardaient ailleurs par correction. 

Cela ne me démonta pas car j’étais super bien monté.  

Les clients reprirent leur conversation qu’ils avaient laissé au vestiaire.  

J’ai commandé comme d’habitude ; J’ai d’abord disposé mes troupes en équerre, puis j’ai attaqué le flan gauche juste dans l’angle mort, Après avoir pilonné massivement l’infanterie, je me suis fait prendre à revers par la cavalerie qui s’était mise subitement et contre toute attente à cavaler, enfonçant mon arrière sans préavis, en désespoir de cause je me suis décidé pour un petit canon que Gustrave le Tenancier m’a servi bien volontiers ; et que j’ai descendu froidement. 

- Alors ? qu’il me fit sans réfléchir.   

Il s’ensuivit un silence à couper au couteau, mais personne ne s’y risqua car ils étaient tous très mal affûtés.  

J’attendis qu’il complète par « amoureux ?», mais il n’en fit rien  préférant esquisser un léger sourire sur son visage avec un crayon mine HB, il ne savait pas suffisamment bien dessiner pour se risquer à le faire directement au feutre.  

J’ai fait la moue que j’ai aussitôt donné à la chatte de sa femme qui était affamée et qui se frottait sur le bas de mon pantalon pattes de faon et j’ai pris congé pour le mois de juillet parce qu’en août il y a trop de monde. 

 

C’est assez douloureux de tomber amoureux, premièrement parce que ça fait mal aux genoux et aussi parce qu’il n’y a pas de deuxièmement.  

Elle occupait toutes mes pensées si bien que je n’en avais plus une seule de libre et je dois bien avouer que ça me gênait pour penser. 

Je n’arrivais pas à me rappeler de son prénom et c’était bien embêtant. J’ai convenu qu’elle se prénommait Didière pour me faciliter la tache.  

C’est sur les douze coups de midi que je me suis décidé à me faire un petit resto, mais comme on m’avait coupé l’appétit dans la nuit, je n’avais pas très faim ; alors je l’ai acheté.  

Ensuite, j’ai voulu aller au cinéma pour me changer les idées, vu l’heure il ne leur en restait déjà plus et j’ai donc dû garder les miennes.  

Comme j’en avais assez de tourner en rond, je me suis essayé à tourner en carré, je n’ai pas insisté longtemps devant la complexité de la chose ; je n’ai réussi qu’à effectuer un espèce de losange triangulaire du plus mauvais goût.  

Ah Didière !  

Que fais-tu en ce moment ?

Penses-tu à moi ? 

Penses- tu, à d’autres ! Je suis certain que tu m’as déjà oublié. 

Comment peux-tu être aussi cruelle ?  

Peut-être en arrachant minutieusement des ongles un à un avec une pince, ou alors en brûlant des plantes de pieds avec un petit chalumeau ?  

J’ai voulu aller me jeter dans la Seine.  

Heureusement qu’elle ne traverse pas cette ville sinon j’étais bon pour une pneumonie. 

 

Pour me faire pardonner, j’ai pensé lui offrir des fleurs mais la fleuriste m’a pris la tête à savoir si je voulais des roses ou des myosotis, comme je ne voyais aucune différence et que je n’arrivais pas à me décider, j’ai acheté la boutique au grand dam de la dame, qui elle, par contre, était plutôt petite. 

 

Et je suis rentré chez moi.  

Non sans faire une halte auparavant dans le bistrot que j’avais mis dans mes favoris à juste raison.  

Gustrave le Tenancier m’accueillit avec un large sourire qu’il a dessiné sur son visage du premier coup, on voyait bien qu’il s’était entraîné toute la journée ; et il en était très fier.  

Je lui est rendu l’appareil.  

Il a vérifié s’il marchait bien en lui faisant faire deux ou trois aller-retour dans la salle et l’a rangé dans sa poche.  

- Qu’est-ce que je te sers ? qu’il me fait avec sa bouche.  

- Pas trop fort, que je lui ai répondu. 

Et nous en sommes resté là. 

Un silence pesant pas moins de quatre kilos s’est installé. 

Gustrave le Tenancier s’est mis à essuyer son comptoir comme savent si bien le faire tous les barmen du monde quand ils n’ont rien d’autre à faire pour tuer le temps alors qu’un Pistolet Walther P38 9mm ferait aussi bien l’affaire.  

Les secondes passèrent les une derrière les autres sans demander leurs restes, ça tombait bien car il n’en restait plus ; c’est toujours comme ça les jours de choucroute précisa Gustrave le Tenancier.  

-  Tu te maris quand ? qu’il me demanda à brûle pourpoint, ce qui déclencha un petit incendie sans gravité

qu’il maîtrisa bien vite avec le petit extincteur de poche qu’il rangeait bizarrement dans son tiroir.  

Je devins rouge comme une tomate, ce qui lui a donné son entrée du jour du lendemain.  

Pour mettre fin à mon embarras, il me fit comprendre, en tapant plusieurs fois et très rapidement sur sa montre avec son index, qu’il était l’heure.  

-  C’est l’heure, qu’il cru bon de rajouter au cas où j’aurais pas compris à quoi sert une montre.  

Je lui ai souhaité une bonne nuit et je suis sorti sur le trottoir surtout parce qu’il n’y a rien d’autre sur quoi marcher devant chez lui.  

Et je me suis mis à déambuler dans la nuit noire. 

Didière !  

Voudra-t-elle m’épouser ? 

Aurais-je seulement le courage de lui demander sa main ? 

Et si elle me la donne, qu’est-ce que je vais pouvoir en faire ? 

J’ai déjà bien assez avec les deux miennes. 

De toutes façons, il va falloir que je pense à enterrer ma vie de garçon et pour ça il faut que je trouve un endroit tranquille et que j’achète une pelle.

Je suis rentré très tard chez moi car je m’étais perdu dans mes pensées.

   

Finalement la journée s’est terminée comme elle avait commencé, mais dans l’autre sens.

Je vais aller me coucher parce que c’est dans cette position que j’arrive le mieux à dormir.

J’espère que demain je ne serais plus amoureux.

 

 

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 13:17
Ce matin je me suis réveillé comme les autres jours sauf que c’était aujourd’hui,
Et ça n’avait rien à voir.
J’ai pensé à ce que j’allais faire,
Mais dans ma pensée il n’y avait rien.
Je me suis dit, j’ai qu’à me lever, ce sera déjà un bon début.
 
Mais une fois debout ?
C’est bien joli d’être debout, mais une fois qu’on est debout
Il vaut mieux aller quelque part,
Parce que si c’est pour rester debout sans rien faire,
Autant rester couché.
 
Bon admettons, je suis debout,
J’ai qu’à aller me laver, et puis après m’habiller.
Ok, je visualise,
Ça y est, je suis propre,
J’ai mis un jean et une chemise propre.
J’ai pas de chemise propre mais j’ai qu’à dire que j’en ai une.
Cool, elle est super chouette ma chemise propre.
 
Ça m’a donné faim tout ça.
J’ai qu’à me faire un petit déjeuné.
Un super petit déjeuné avec du bacon, du café, des croissants tout chaud,
Et pleins de trucs comme à l’hôtel que ça coûte sept euros cinquante
Et qu’on peut pas tout manger
et que ça fait chier d’avoir payer sept euros cinquante
pour deux croissants, un verre de jus d’orange,
et deux tasses de café qui n’est même pas bon,
et qu’on prend un yaourt parce que merde.
Putain, je m’en fous plein la gueule ce matin,
Parce que là j’ai tout bouffé même les petites saucisses.
 
Et puis je peux aussi me raser,
Je viens de penser que j’avais oublié de me raser.
Oui, j’ai bien avancé dans ma journée.
Bon, qu’est-ce que je fais maintenant.
Je pourrais aller travailler,
Rien que d’y penser je suis fatigué et j’ai envie de me recoucher.
Je ne vais pas approfondir cette idée, j’ai déjà eu assez de mal à me lever.
J’ai qu’à aller boire un coup chez Gustrave.
Pas mal l’idée.
Je suis assez satisfait de mes idées de ce matin,
Surtout de celle là.
 
Je n’ai pas croisé la concierge dans les escaliers
parce que j’avais pas envie de croiser la concierge.
 
Je suis arrivé chez Gustrave gai comme un italien
Quand il sait qu'il aura de l'amour et du vin.
Gustrave m’a dit « Ah, tu tombes bien toi,
alors que j’avais encore rien bu et que j’étais toujours debout, 
Je te présente ma nièce, Samantha,
J’aimerais que tu gardes le bistro avec elle, je dois m’absenter pour affaire.
Merci de fermer la porte à clef
afin que vous ne soyez pas dérangés par des inopportuns. »
Et il est parti tout de go comme on dit chez les parachutistes.
 
Samantha !
Ah, Samantha !!
Quand j’y pense.
Comment dire.
La première chose que j’ai vu de Samantha, c’est ses seins.
Non, c’est ses jambes.
Non, ses seins.
Ses yeux, oui c’est ses yeux.
Son cul ?
Peut-être son cul.
Non, ça se pouvait pas, elle était assise sur le tabouret de bar.
Mais si elle n’avait pas été assise, ça aurait été son cul.
C’est sûr.
A condition qu’elle fut dans une posture qui me permette de le voir, son cul,
Elle aurait été par exemple debout de dos en train de faire quelque chose,
Ou en train de ramasser une paille.
Je n’avais pas assez de yeux pour tout voir.
 
Elle m’a dit « Bonjour », j’ai dit de même.
Puis on a parlé de tout et de rien, surtout de rien.
On avait pleins d’affinités, surtout sur le plan sexuel.
Pas la peine de tourner autour du plot plus longtemps,
On se plaisait si torridement
Qu’on n’a pu s’empêcher de faire l’amour à même le zinc,
Et c’est pas le coude que j’ai levé.
Et puis on a remis ça,
mais dans d’autres positions beaucoup plus évoluées et moins académiques.
 
C’est alors qu’on a frappé à la porte du bistro,
Samantha est allée ouvrir,
Elle était aussi nue que la Vénus de Milo, mais avec des bras
Ce qui était quand même plus pratique pour ouvrir la porte.
Deux magnifiques filles sont entrées.
« Je te présente Birgit et Hilda, des cousines qui viennent directement de Suède. »
Les suédoises n’ont pas froid aux yeux, c’est le moins qu’on puisse dire,
ça doit être à cause du climat de leur pays,
d’ailleurs on peut même dire qu’elle ne sont pas frileuses du tout,
car elles se sont déshabillées à peine la porte refermée,
je ne vais pas vous faire un dessin qui risque d’être censuré,
Mais le décor étant planté,
On a fait l’amour comme des bêtes, surtout moi.
La journée à passé comme dans un rêve,
Si bien que je n’ai même pas pensé à boire la moindre bière ;
J’avais assez à faire avec mes blondes.
 
Puis, vous le savez bien, tout a une fin,
Comme un chien qui nous revient de la ville,
Gustrave est revenu,
Mes amies ne me laissez pas
Dites-moi dites-moi qu'il ne faut pas
Maudit Gustrave puisque te v'là,
Bougnat apporte-nous du vin
Celui des noces et des festins
Gustrave est revenuuuuuuuuu.
 
Gustrave n’aime pas qu’on l’appelle Bougnat
Et il me l’a dit assez vertement.
« et rhabille toi qu’il a rajouté ».
Les filles en ont profité pour retourner en Suède par le premier bateau.
« Bon, moi j’y vais aussi », que j’ai dit une fois ma culotte enfilée.
 
Sur le trottoir, j’ai croisé l’équipe du PSG
qui allait jouer la finale de la coupe de France contre l’OM..
Comme Pauleta, leur avant centre, était blessé,
Ils m’ont demandé si je voulais bien le remplacer.
J’ai dit oui.
Bien sûr on a gagné la coupe,
J’ai marqué quatre buts,
dont un retourné magnifique du milieu du terrain,
Chirac était très content de me serrer la main.
Après, on a fait la fête au Moulin Rouge.
 
Je suis arrivé chez moi tellement fatigué
Que je me suis couché à peine rentré.
 
Faudra que je me calme,
que je me suis pensé en me rendormant.
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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 20:05

alliance.jpg

Ce matin je me suis réveillé en étant marié.
En fait, je ne me suis pas réveillé tout seul,
c’était l’œuvre d’un violent coup de coude qui m’a plié en deux
sans me faire rire le moins du monde.
« Debout feignasse, il est l’heure d’aller trimer », m’a dit la voix cotonneuse
qui sortait de dessous un oreiller surgit de nulle part.
Mais moi, je ne l’entendais pas de cet oreiller,
et alors que j’essayais de reprendre mon souffle qui était aussi court qu’un métrage,
une terrible ruade m’a éjecté du lit.
Je me suis relevé aussi péniblement que si j’avais été cassé comme un vase de Soissons.
Et c’est alors que je l’ai vu, le cliché sur la commode.
C’était moi déguisé en jeune marié, avec à mes côtés, souriante tout pareillement,
une jeune mariée déguisée elle aussi, mais en fille.
Quand je dis à « mes côtés », l’expression est tout a fait juste
tant elle débordait tout autour de moi et ce n’était pas que les frous-frous de la robe.
Je devais avoir dans les vingt ans, c’est dire si ça me rajeunissait d’autant.
L’objet du délit se trouvait à présent dans le mien.
Elle semblait n’avoir pas maigri.
Bien au contraire.
Ce qui ne m’encouragea pas à me rebeller.
« Et n’oublie pas que je prends deux sucres avec mon café, connard.»
J’ai compris d’entrée de jeu que Connard n’était pas la marque du café
mais  que ce terme s’adressait plutôt à moi en priorité et exclusivement. 
J'en ai pris bonne note. 
Une tête est sorti lentement de dessous l’oreiller,
comme dans le pire film d’épouvante que vous n’avez jamais vu.
C’était elle, celle de la photo d’il y avait vingt ans, mais en pire si c’est possible.
Si, c’est possible.
Je me suis pensé dans ma tête, et surtout pas à haute voix,
que je ferais mieux d’aller vite fait faire le café avant qu’il ne m’arrive quelque chose d’atroce.
J’y suis allé d’autant plus vite que son haleine était tout à fait insupportable
pour quelqu’un d' aussi délicat que moi. 
C'était comme un mélange d'égout parisien et de vieux vomis,
plus une petite odeur indéfinissable qui me laissait perplexe. 
Alors que le café passait aussi lentement que le temps qui s'écoule,
je me demandais avec anxiété si on avait eu des enfants,
et si oui, quelle tête ils avaient.
J'ai espéré avec toutes mes forces du désespoir que non.
Je lui ai apporté au lit le petit déjeuné sur un plateau,
J'avais tartiné deux biscottes dans le but non avoué mais bien réel de l'amadouer.
"C'est pas trop tôt", qu'elle m'a fait sans un sourire, et c'était aussi bien
car je n'avais aucune envie de savoir ce que donnait un sourire sur cette sorte de visage,
je suis assez émotif comme garçon.
"Bon c'est pas le tout, faut que j'aille travailler", que j'ai dit histoire de m'esquiver telle l'anguille.
"C'est ça, en rentrant n'oublie pas qu'il faut poser une tringle dans le cagibi, bon à rien."
"Oui, oui", que j'ai dit alors que je courrais tout seul dans le couloir comme dans une chanson de William Sheller
où il courre tout seul, il courre, et il se sent  toujours tout seul
mais moi la différence c'était que je courrais encore plus vite et que j'étais encore plus seul.
 
La concierge m'a demandé comment allait madame.
J'ai répondu « bien », à tout hasard.
"Tant mieux ", qu'elle a fait.
J'ai pas confirmé.
 
J'ai filé tel l'éclair un soir d'orage chez Gustrave;
peut-être qu'un ou deux litres allait me sortir de cet affreux cauchemar,
et s'il fallait boire toute sa réserve je n'allais pas hésiter une seconde de plus.
Gustrave m'accueillit à bras ouverts et ça me fit aussi chaud au coeur qu'une bonne bière.
"Qu'est-ce que tu deviens, qu'il me dit, on ne te vois plus guère ces derniers temps."
"ça doit-être à cause de ma femme", que j'ai répondu penaud
et un peu honteux quand même.  
ça a fait rire tout le bistro.
Je voudrais bien les voir avec leur femme tous ses forts en gueule,
« Que celui n’a jamais craint sa femme me jette la première bière ! »
Comme je n’ai rien reçu, j’en ai commandé une.
Plus personne ne pouffait, ils étaient tous dans leurs pensées.
Des pensées pleines de regrets à coups sûrs.
Pour la première fois de ma vie je me suis dit
qu’il faudrait que j’arrête là au niveau de la bière.
Je devais conserver tous mes moyens qui le sont déjà dans mon état normal.
Je n’oubliais pas qu’il me faudrait, en rentrant, poser la tringle dans le cagibi
et ça avait intérêt à être droit, je sentais bien qu’elle ne rigolait pas avec ça.
Et puis aussi, j’ai l’alcool triste, je ne tenais pas à l'être encore davantage.
Je ne l’aurais peut-être pas supporté.
 
Je suis allé chez Bricolorama.
J’ai acheté une tringle et tout ce qu’il faut pour la poser.
J’ai demandé des conseils pour la pose au type qui donne des conseils.
Il en a profité pour me vendre une perseuse-visseuse-tringleuse.
Elle allait voir ce qu’elle allait voir la grosse.
Je suis rentré comme Monsieur Bricolage.
 
Elle n’était pas là. Tant mieux. J’allais lui faire la surprise de la tringle.
Dire que j’ai bien réussi du premier coup serait exagéré,
Mais le résultat valait le coup d’œil.
Le cagibi était devenu d’une fonctionnabilité exemplaire.
Ne voulant pas m’arrêter en si bon chemin,
j’ai fait à manger (une daube en sauce (une sorte d’hommage)),
j’ai mis la table et je me suis dit que j’aurais dû acheter des fleurs, des roses,
Enfin, fallait pas charrier non plus, j’avais pas envie de lui offrir des roses,
où juste les épines alors.
 
Quand elle est rentrée, elle a filé dans le cagibi.
Elle allait avoir une drôle de surprise, je suis certain qu’elle pensait que j’avais rien foutu,
Elle était bonne pour tomber des nues.
Enfin, j’espérais que ça n’allait pas l’exciter non plus.
Pas de danger, elle m’a traité de baltringle parce qu’elle n’était pas droite.
Je lui ai dit, pour me faire pardonner, que j’avais fait un bon petit plat.
Elle m’a dit qu’elle était au régime et qu’elle allait se coucher.
J’avais pas remarqué que je me suis pensé.
J’ai mangé ma daube tout seul en ne regardant pas la télé parce que ça l’empêchait de dormir.
Je me suis allongé sur le canapé du salon en espérant
que demain je me réveillerais en étant veuf.
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 00:00
Ce matin, je me suis réveillé en étant invité au mariage de Didière.
Mon lit était si inondé de mes larmes
qu’on aurait dit qu’un tsunami avait ravagé ma chambre dans la nuit.
Tout n’était que désolation et tristesse.
Je me suis traîné jusqu’à la salle de bain
où j’ai fait ma toilette sans passion ni espoir,
dans le seul but que d’être propre, et encore.
J’ai enfilé mon costume de mariage
comme on enfile un costume d’enterrement, avec peine.
 
J’avais un poids de cent cinquante kilos minimum sur l’estomac.
Et je peux vous certifier que c’est lourd deux cent cinquante kilos sur l’estomac
quand on n’est pas un haltérophile de profession
(oui, à la réflexion, c’était plus près de deux cent cinquante kilos voire de trois cent ;
je dis ça parce que j’ai eu vraiment du mal à me lever de mon lit,
alors qu’avec cent cinquante kilos, j’aurais réussi assez facilement.
Je n’ai pas pesé non plus, donc,
je vous donne ce poids sans aucune garantie car mon pèse personne est cassé,
c’est un peu du pifokilo.)
 
J’ai fait en sorte d’éviter la concierge dans les escaliers
en rasant les murs qui avaient une barbe de trois jours.
 
La rue était en noir et blanc comme dans les films du même nom.
Une musique de jazz, triste comme un saxophone en pleur,
sortie de je ne sais où, m’a suivi jusqu’à chez Gustrave
où je suis entré par la porte
car cela m’a semblé le moyen le plus pratique
pour pénétrer dans son établissement de boissons.
Gustrave m’a dit que j’étais beau comme un saoul neuf alors que j’étais à jeun.
Je suis allé m’installer à la table du fond, dans le coin
et j’ai commandé la chose la plus forte qu’il pouvait avoir.
Il m’a apporté un verre d’alcool à 90 (quatre vingt dix).
 
Et je me suis souvenu, je pensu, j’évocu (le sien principalement),
en un mot je me suis rappellu le passé.
Mais avant, d’un geste du doigt j’ai recommandé la même chose à 90 (quatre vingt dix).
 
C’était le lendemain de mon rendez-vous avec ce vieux grigou de Dieu
( pour vous situer dans l’espace temps),
Didière m’avait appelé sur mon portable
pour me demander si je pouvais venir au parc
parce qu’elle avait quelque chose de très important à me dire.
J’ai pas réfléchi longtemps avant de lui dire oui,
disons que j’ai réfléchi à la vitesse de la glace de ma salle de bain,
c'est-à-dire instantanément.
J’ai filé comme le vent dans la prairie,
aussi léger qu’un brin d’herbe qui virevolte un matin de printemps.
Didière m’attendait.
Didière m’attendait !
Elle m’avait appelé du parc en fait, à l’aide de son portable.
J’ai adoré les portables à cet instant.
Même ceux avec des musiques à la con en guise de sonnerie ;
c’est dire l’immense amour qui avait envahi ma modeste personne pour ces saloperies.
Je lui ai donné le bonjour
et elle me la rendu aussi propre que je lui avais donné deux secondes auparavant.
Je l’ai remis précieusement dans ma poche
et je me suis assis à coté d’elle sur le banc public,
banc public,
banc public,
où très certainement des amoureux étaient venu se bégotter
En s'disant des "Je t'aime" pathétiques
Avec des p'tit's gueul' bien sympatiques.
Je suis à peu près certain qu’ils n’ont pas fait que de se bégoter, d’ailleurs.
Mais passons.
Donc, après un petit mutisme d’introduction,
Didière m’a dit tout de go :
"  Je vais me marier et je souhaiterais plutôt que tu sois mon témoin, que rien. "
……………………………………………………………………………………………
Vous devez bien vous douter 
qu’il s’ensuivit un épais silence
accompagné de sa cohorte de lourds sous-entendus et de non-dits.
J’étais effondré
comme pouvait l’être les deux Tours du World Trade Center de New York
un onze septembre 2001 sur les coups de midi (heure locale).
J’ai dit " oui " comme on dit non, j’ai même rajouté (je crois), " bien sûr ".
Dans les décombres de mon cerveau, j’y voyais plus rien,
il y avait des gens qui criaient, des femmes qui pleuraient,
j’entendais : " Mais pourquoi ? " " Qu’est-ce qui se passe ? " " Qui est-il ? "
Un homme est venu m’agripper, en larmes :
" D’où sort-il ce salaud, que j’aille lui faire la peau ."
Je lui ai dit de me lâcher.
Une sirène a retenti.
Elle me disait : " bon puisque tu es d’accord, j’y vais. "
Et effectivement, elle y est allé.
Mais avant d’y être allé,
elle s’est légèrement penchée et m’a embrassé la joue,
droite, je veux dire par là,
la joue qui se trouve à la droite de mon visage quand c’est moi qui regarde,
la gauche donc pour elle.
Il faut être précis parfois dans ces moments là de grande catastrophe,
car c’est votre vie qui en dépend, comme auraient dit les Bourgeois de Calais.
 
Voilà, je me suis remémoru ( et c’en est une).
Gustrave était en train de m’accompagner à la porte.
" Moi aussi je suis témoin, qu’il était en train de me dire, on va être en retard."
 
Je vous épargnerais la cérémonie,
mais sachez seulement
qu’il y avait assez de riz sur le parvis de l’église pour nourrir la moitié du Darfour.
Quant au marié, plus insignifiant que cette grande saucisse, je ne vois pas.
Comment pouvait-elle ainsi tomber dans les bras du premier velu ?
Si c’est ça les goûts de Didière, alors vraiment,
cette fille n’était pas faite pour moi, nous n’avions rien en commun,
et ça m’a mis un peu de baume au cœur, enfin sur ce qu’il m’en restait.
Je me console comme je peux, c’est une sorte de console de " je ".
 
Je me couche ce soir,
en sachant pertinemment que ma vie ne sera plus jamais merveilleuse.
 
Adieu.
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