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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 00:00
 

Jamais bouchère n’était plus à croquer que la bouchère de la rue des Martyrs.
Elle était aussi belle qu’une entrecôte dans le filet, et quand elle portait ses bas résilles, elle s’arrangeait toujours pour me faire voir un peu du haut de ses cuisses ainsi lardées, dans le seul but, je suppose, de me mettre encore davantage l’eau à la bouche et le sexe à la main, en un mot comme en sang, on ne pouvait pas dire que c’était du boudin, non, la bouchère de la rue des Martyrs était belle comme un cœur.

Elle tenait la caisse pendant que son gros boucher de mari taillait dans la barbaque.
Elle rayonnait tant et plus au milieu de toute cette viande morte, qu’il faut bien reconnaître que j’en étais tombé follement amoureux.
Chaque jour, je venais acheter une belle tranche de cœur dans l’unique but de m’approcher de la belle. Depuis mon enfance, le cœur est mon morceau préféré avec les choux de Bruxelles.

Ce petit manège durait depuis un mois, et ma bouchère n’avait pu manquer l’émoi qu’elle me causait, ne serait-ce qu’à travers les regards enflammés que je lui lançais et qu’elle ne faisait rien pour éteindre.

Un jour, je pris mon courage à deux mains, et alors que sa grosse vache de mari était dans ses frigos, je lui donnai rendez-vous pour le soir même dans l’impasse derrière sa boutique.
" Minuit " qu’elle me fit pour toute réponse.

Dire que j’y étais à minuit saignante ne serait pas exagéré puisque je m’y suis rendu sitôt sorti de la boutique.
Elle ouvrit la porte de derrière la boucherie à minuit dix, et me fit signe de la suivre en silence.
Ce que je ne manquai pas de faire et plutôt deux fois qu’une.

Je pénétrai à sa suite dans un immense frigo avant d’en faire de même avec elle.
Le froid n’avait pas calmé mes ardeurs, bien au contraire, et elle était chaude comme de la braise à faire cuire un troupeau entier de bœufs argentins.
Permettez-moi de ne pas vous en dire plus et de faire ainsi planer un certain mystère sur nos ébats parmi les quartiers de viande, votre imagination débordante se chargera bien de vous entraîner sur un terrain fangeux et salace pas très loin de la vérité.

Alors qu’elle me raccompagnait, je la suppliais de quitter son gros boucher de mari pour me suivre au bout du monde où je m’occuperais aux petits oignons de ses escalopes.
Elle m’a ri au visage en me déclarant que je pourrais avoir son corps autant que je le souhaiterais mais que jamais je n’aurais son cœur.
Je ne sais pas ce qui m’a pris, alors que je passais devant une étrange machine pleine de tubulures, j’ai saisi un os de gigot qui traînait dans une poubelle et lui ai fracassé la tête avec.
Elle est morte sur le coup d’une rupture dans l'échine.
Elle s’est affalée dans la sciure comme un vieux jambon de pays.

J’allais me sauver comme un lapin de La Garenne Colombes quand je m’avisai que la machine tuburulesque n’était autre qu’un broyeur incinérateur de déchets organiques.
Comme vous vous en doutez, mon ingénieux cerveau qui me sert à réfléchir m’a suggéré d’y enfourner la bouchère et tous ses accessoires, ce que je fis sans me prier.
Mais avant, j’ai procédé à une petite opération vengeresse de mon acabit.
Il n’a pas fallu plus de cinq minutes pour faire disparaître la cochonne ; c’est beau le progrès.
Je suis rentré chez moi, le cœur léger.

Le lendemain, je me suis rendu à ma boucherie favorite.
Le boucher était tout seul dans la boutique, la belle bouchère ne tenait pas la caisse, un autre cas de figure aurait pour le moins été fortement étonnant.
- Qu’est-ce que je vous sers ? qu'il me demande.
- Comme d’habitude, si vous avez.
- J’ai justement, et c’est le dernier. Et avec ça ?
Je clôturai la vente sur un " Ce sera tout " sans équivoque.
- Madame n’est pas là aujourd’hui, j’espère qu’elle n’est pas malade, que je m’inquiéte poliment.
Il poussa un long soupir, très triste pour un boucher.
Une lueur de meurtre traversa son regard comme une comète de Halley dans un ciel d’été.
Ah, comme je la connais bien cette comète, je la reconnaîtrais entre mille.
- Non, elle n’est pas malade, je pense même qu’elle doit péter la santé à l’heure qu’il est, et tel que vous me voyez là, je serais bon pour le rôle de Raimu si j’étais boulanger et si j’avais un chat à la con, enfin, si vous voyez ce que je veux dire.
Je voyais.
Pauvre boucher.
Mais de ma vie, jamais je n’ai dégusté un cœur aussi tendre que celui de la bouchère de la rue des Martyrs.

Toto.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 00:00
Un jour à la récré Toto il a dit :
« Les gars, j’ai trouvé un doigt. »
Oh ?
Fais voir ?
Montre ?
Il est où ton doigt ?
Eh les gars, Toto il a trouvé un doigt.
Tout le monde a rappliqué autour de Toto,
Même les filles.
« Je sais pas si vous le méritez .»
Allez !
Merde !
Vas-y !
T’en a même pas trouvé !
« Qui qu’a dit ça ? »
Silence.
« Que je lui fasse bouffer. »
Double silence.
« Bon. »
Toto, il a sorti de sa poche une boite d’allumette.
Pousse-toi !
Je vois rien !
Hi hi !
Il est dans la boite ?
Ouvre la !
« Du calme. »
Et il y a eu du calme.
Lentement
Pour bien faire durer le suspense,
Il l’a ouverte.
Oh !
Les filles ont poussé des petits cris,
Hi Hi,
Dedans la boite il y avait un doigt,
Posé sur du coton,
Il y avait un peu de sang,
On voyait un bout d’os qui en sortait au bout,
Et tout autour des lambeaux de peau qui pendaient.
C’est à qui ?
« A un gitan qui m’a emmerdé. »
Tu lui as coupé ?
« Il m’a emmerdé je te dis. »
Ben dis donc.
Il a refermé la boite et l’a remise dans sa poche.
Et il est parti en sifflotant.
Je l’ai rattrapé.
Toto, tu me le remontres le doigt ?
Dis, Toto ?
« Viens. »
Je l’ai suivi à l’écart.
Il a ressorti la boite de sa poche,
Et il l’a ouverte.
Il y avait ce putain de doigt dedans.
J’arrivais pas à retirer mes yeux de dessus ce putain de doigt de gitan.
Soudain, le putain doigt, il a remué.
Il a remué que j’ai dit.
« ça doit être des asticots »
Merde, déjà.
Et alors le doigt tout doucement il s’est dressé.
Ça m’a foutu un choc.
« T’es aussi con que les autres. »
Il a sorti son doigt de la boite,
« ça, c’est un bout d’os de poulet connard. »
Il a nettoyé son doigt.
« Si tu dis ça aux autres, je te coupe un doigt. »
Je fermerai ma gueule, je dirai rien.
Je savais bien qu’il me l’aurait coupé pour de vrai.
« Eh connard, qu’il me fait alors que je me barrais, attrape ça. »
Et il me lance un petit bâton que je chope au vol.
Putain d’enculé de Toto.
J’avais un putain de doigt de gitan dans la pogne.  

Toine.
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 10:00

Enculé de Toto.
Il n’est toujours pas venu me voir.
Il a pas de cœur Toto.
Tiens, ça me rappelle.
Le con.
Des fois je pense des trucs du coq à l’âne.
On était gosse.
Il m’avait dit : aujourd’hui c’est un grand jour: Va piquer un lapin chez la mère Marot.
Pourquoi faire ? que j’ai demandé.
T’occupe, qu’il m’a répondu en me regardant avec son regard qui tue.
Quand il te regardait avec son regard qui tue t’avais pas intérêt à la ramener.
Il était capable de te faire bouffer de la merde rien qu’avec son regard qui tue.
Tu me retrouves dans la grange.
Chez la mère Marot, j’ai choisi un lapin qu’était tout blanc avec une tache sur le front.
En fait, je l’ai pas choisi, j’ai pris celui qu’était le plus facile à attraper.
Toto m’attendait devant la grange.
Qu’est-ce qui t’es arrivée ? que je lui ai demandé.
Il avait la gueule toute griffée et il avait enfilé une blouse à l’envers avec les boutons dans le dos.
T’occupe. Donne le lapin et enfile ça.
Il me lance une blouse et une paire de gants en caoutchouc.
J’enfile la blouse comme lui et je le suis dans la grange.
Il avait foutu des draps blancs partout.
Je sais ce qu’on va faire plus tard. Je serais chirurgien et toi médecin qu’il m’a annoncé.
Je lui ai pas dit que ça m’intéressait pas d’être médecin et que de toute façon je m’en sentais pas capable parce que j’avais pas envie qu’il me fasse son regard qui tue.
Il tenait le lapin par les oreilles.
Il est allé vers l’établit.
Et là, j’ai vu le chat.
Il avait une patte coincée dans l’étau, et les trois autres fixées à des clous qu’il avait planté dans l’établit en bois.
Il lui avait foutu du chaterton sur la gueule.
Il a attaché le lapin sur trois autres clous qu’il avait préparé, puis il a desserré l’étau et il a coincé la patte du lapin avec celle du chat.
Le lapin a couiné.
Il a fait un tour supplémentaire avec la manivelle et j’ai entendu un petit crac.
Il s’est retourné vers moi et il m’a dit :
Aujourd’hui est un grand jour pour la chirurgie, ça va être une première mondiale.
Transplantation cœur-cœur. On va foutre le cœur du lapin dans le chat et lycée de Versailles.
Je t'ai choisi parmi des milliers de candidats pour être mon assistant.
Merde.
Tu vas me passer les instruments.
Ramène-toi au lieu de me regarder avec tes yeux de merlans frits.
Il avait préparé des outils sur une desserte.
Ils étaient tout bien alignés.
Trois tournevis de différentes tailles, une pince coupante, un cutter, du coton, du chaterton, du fil, une aiguille, une bouteille d’eau oxygénée, de l’alcool à 90, une paire de ciseau et un démonte pneu. Par terre il y avait un sceau remplie de glaçons qu’étaient en train de fondre.
Il s’est attaché un mouchoir blanc sur la gueule.
Il s’est foutu devant le lapin, il m’a tendu sa main droite paume ouverte et il a dit :
Cwuittere.
Quoi ?
Il a retirè le mouchoir d’un coup.
Cutter. Tu me passes le cutter OK. C’est pas compliqué comme boulot. Je dit « Cutter », tu me passes le cutter, je dis « Tournevis cruciforme » tu me passes le tournevis cruciforme.
Ça va aller ou faut que je te défonce la gueule ?
Ça va aller que j’ai dit.
Il a remis son mouchoir.
Cwuittere.
Je lui passe.
Pwutain de mwerde.
Il enlève son mouchoir.
Tu me passes pas les instruments comme une tafiole. C’est important ce qu’on est en train de faire. L’instrument, il doit claquer dans ma pogne, OK ? Comme ça. Paf !
Je voulais lui dire qu’avec les gants en caoutchouc je les sentais pas bien les instruments, mais j’ai fermé ma gueule.
Il refout son mouchoir.
Cwuittere.
Paf !
Bwien.
Et il l’enlève encore son mouchoir et il le balance.
Je peux pas respirer avec cette merde sur la tronche.
Bon. Je t’explique, nous allons procéder à une incision sur le patient, le patient  en question ça avait l’air d’être le lapin, incision qui partira depuis l’épaule gauche jusqu’à peu près le milieu de l’abdomen, nous procéderons à la même opération sur le deuxième patient, le deuxième patient en question c’était le chat, simultanéité d’action, tout doit être synchro, nous retirons le cœur du lapin et on le mets dans le sceau à glace, d’après mes calculs, on peut vivre sans cœur à peu près cinq minutes, plus c’est un peu juste, ensuite on retire le cœur du chat et on le met direct dans le lapin, on recoud vite fait les organes,  et on finit par le chat. Et voilà.
J’aimais pas trop comment il disait toujours « on ».
J’ai fermé ma gueule pour le « on », mais je lui ai quand même posé une question technique au sujet de l’anesthésie.
Il s’est marré et il m’a traité de con.
T’y connaît rien. Il faut que le cœur soit dans des conditions normales de vie, sinon c’est la crise cardiaque assurée.
Quand il a incisé le lapin, il a pris un jet de sang en pleine poire.
Ça m’a fait rigoler surtout que le lapin il grinçait des dents.
Il avait les muscles de la patte gauche qui se contractaient comme s’il avait envie de taper avec sa patte, mais il pouvait pas à cause qu’elle était vachement bien serrée dans l’étau.
Il a fait la même chose au chat, et il s’est pris un autre jet.
J’avais vraiment du mal à me retenir de me fendre la gueule.
Mais j’ai réussi quand j’ai pensé qu’il avait le cutter dans la main.
Après il a trifouillé dans le lapin. Je voyais pas trop ce qu’il fabriquait vu que j’étais derrière lui.
Merde de merde de putain de merde. Pince coupante.
Paf !
Tiens.
Il m’a refilé un truc rouge tout gluant.
Ça m’a fait un drôle de choc.
Je l’ai balancé vite fait dans le seau.
Plouf !
Il flottait au milieu des glaçons.
L’eau devenait toute rouge.
Je me suis penché sur le seau, j’essayais de voir si le cœur battait. J’avais pas trop l’impression.
Aiguille. Fil.
J’ai sursauté.
Il me regardait avec son regard qui tue.
Plus vite que l’éclair je lui ai tendu l’aiguille et la bobine de fil blanc qu’il avait dû piquer à sa mère.
Connard de merde.
Quoi ?
C’est moi qui l’enfile l’aiguille ? C’est du boulot de chirurgien que d’enfiler l’aiguille ?
Non, que j’ai dit.
Putain, j’ai essayé d’enfiler cette putain d’aiguille, putain c’est vrai, mais j'y arrivais pas, je tremblais, et en plus avec ces putains gants en plastique, je mouillais le fil, et j’essayais de le passer dans le chas, mais ce putain de fil il voulait pas y aller, il se barrait à droite, il se barrait à gauche mais jamais dans le trou.
Alors, Toto il a pris le démonte pneu, je le voyais en coin, putain, je voyais plus ce putain de trou à cause des larmes qui coulaient, non Toto je vais y arriver, ça y est presque, il a levé le démonte pneu au-dessus de sa tête, moi je pleurais comme une gonzesse, ça y est Toto, ça y est, j’ai fermé les yeux quand le démonte pneu s’est fracassé sur l’établit. Et puis il s’est acharné.
Je sais pas combien de temps que j’avais les yeux de fermé.
Et puis tout est devenu calme.
J’ai senti sa main qui m’aidait à me relever.
Je suis pas aidé quand même qu’il m’a susurré à l’oreille.
Le chat, c’était plus que de la bouilli sur l’établit.
Bon, qu’il me fait, chirurgien c’est un métier de merde.
On a été enterrer ce qu’il restait du chat dans le fond du jardin.
La mère à Toto à fait un ragoût avec le lapin. Elle a été étonné qu’il avait plus de cœur.
Toto lui a dit qu’il me l’avait donné parce que j’adore le cœur.
Sa mère l’a félicité.
Toto, il m’avait fait jurer sur la tête de ma mère de jamais raconter ça à personne.
Mais je l’emmerde Toto, ma mère elle est morte d’un infractrus.

Toine.

(Cellule 214. Fresnes.)

 

 

 

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 01:35
I
« Putain de putain, je vais rater mon train. »
Il était huit heures, le train de Toto partait à huit heures trente.
Oui, Toto s’était approprié ce train à partir de l’instant où il avait acheté son billet,
C’était devenu son train, le train de Toto.
« Putain de putain, mon train. »
 
II
Problème :
La gare était à une demi heure à pied de chez Toto.
Toto n’avait pas de voiture.
Toto pouvait s’habiller en cinq minutes.
Toto pouvait très bien ne pas se laver.
Toto avait son billet plié dans la poche de sa veste en jeans.
Calculez à quelle vitesse Toto allait devoir courir pour ne pas rater son train.
« Putain de putain. »
 
III
Alors qu’il refermait la porte de son appartement, Toto avait la désagréable impression qu’il oubliait quelque chose.
Mais quoi ?
 
IV
Dans le compartiment bar, alors qu’il petit déjeunait d’un croissant tout mou trempé dans un café tout noir, la désagréable impression qu’il avait oublié quelque chose lui gâchait tout plaisir gustatif pourtant déjà bien aléatoire.
Ah, que c’est énervant cette sensation d’avoir oublié quelque chose et de ne pas savoir quoi.
Ça allait gâcher sa semaine de vacances à la neige.
« Putain de putain. »
 
V
Toto se dit qu’il faudrait qu’il arrête de dire à tout bout de champ putain de putain.
Les tics verbaux c’est chiant putain.
 
VI
Il n’y a rien de particulier à raconter sur la semaine de ski de Toto,
 
VII
Ah si, il n’est même pas tombé contrairement à cette bonne neige poudreuse qui le troisième jour est venue recouvrir cette bonne vieille neige verglacée des premiers jours.
 
VIII
On peut dire aussi que son hôtel était correct mais sans plus si ce n’était les petits déjeuners qui n’étaient pas compris dans le prix, mais ça n’a pas trop d’intérêt.
 
IX
Et que cette putain de sensation d’avoir oublié quelque chose lui revenait à tout bout de champ de neige.
 
X
Bon, la veille de son départ, il y eut bien cette petite blague :
Alors qu’il remontait à l’aide d’un tire fesse la fameuse piste des Dames,
Toto vit un skieur inconscient franchir les barrières de sécurité et ,faisant fi des panneaux de dangers ainsi que de ses appels désespérés de mises en garde,  aller faire du ski hors pistes un doigt haut levé à son attention tel un malade irresponsable.
Ah ça putain de putain, il faut un minimum respecter les règles de sécurité pour le bien de tous.
 
XII
Arrivé au sommet Toto franchit à son tour les barrières de sécurité,
Et, n’écoutant que son courage, il entreprit de sauter les deux skis joint tout le long de la ligne de crête.
Ce qui devait arriver arriva, une large plaque de neige se détacha juste sous ses skis.
Il fut grandement chanceux de ne pas partir avec.
Cette chance justement lui permis de regagner agréablement la station par la piste bleue numéro cinq qui fait le grand tour par la forêt de mélèzes baptisées à juste titre la forêt des Mélèzes.
 
XIII
En bas, il y avait une grande agitation, des gendarmes, des chiens et même un hélicoptère.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Toto au type du tire fesse.
- Un abruti qui faisait du hors piste a déclenché une avalanche sur le versant du Mouillaud.
- Putain,  y a vraiment des malades, conclut Toto.
Quand Toto remonta dans son train du retour, on n’avait toujours pas retrouvé le type.
 
XIV
Ce n’est que lorsqu’il ouvrit la porte de chez lui que Toto sut ce qu’il avait oublié.
A cause des mouches et de l’odeur.
Il alla directement dans la salle de bain ; dans le lavabo une lame du rasoir noircit de sang séché ; dans la baignoire, l’attendant bien sagement,  une prostitué plus très fraîche riait à gorge déployée.
« Putain de putain ».
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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 10:00

 

 

 

 

 

Une année, il y a eu un handicapé qu’est venu à l’école.
Il était tout tordu,
Il avait les guibolles dans des trucs en ferrailles,
Et il se contorsionnait pour marcher,
Il se penchait bien bien sur la droite,
Il balançait sa patte gauche en avant,l
oin loin,
Et hop, il se rétablissait.
Et après, il faisait pareil avec la droite.
Tu parles que ça nous faisait marrer.
Il s’appelait Mathieu.

Tout le monde se foutait de sa gueule au Mathieu.
Surtout Granval.
Granval, c’était un grand costaud avec une gueule de con.  
« Comment ça va Frankestein ? C’est quoi que t’as aux pattes ?
t’es un super héros où quoi ? »
Et il lui refilait de grands coups de pompes dans son appareillage
et ça lui faisait se casser la gueule au Mathieu.
Tout le monde était mort de rire.

Le Mathieu, il est devenu le souffre douleur de Granval.
« Eh le crabe, tu me serres pas la pince aujourd’hui ? »
Et le Mathieu, il arrivait comme il pouvait tête basse pour lui serrer la main.
« J’ai failli attendre. Tu sais pas courir ? Allez, viens on va faire un cent mètres. »
Et il le traînait par la main à toute vitesse, le Mathieu il finissait par se rétamer et Granval il le terminait à coups de savates.

Ça a duré comme ça tout le premier trimestre.
Nous autres, on était pas les derniers à rire, faut dire.
Il y a que Toto qui disait rien.
Et puis un jour, le Granval il est pas venu à l’école.
Et puis deux jours.
Et puis une semaine.
Un mois.
Et tout le deuxième trimestre.
Il avait complètement disparu de la circulation.
Il avait eu un accident à ce qu’il paraissait.
Et puis, on l’a oublié le Granval.

C’était au début du mois de mars,
Une voiture s’est arrêté devant l’école,
Un type en est sorti, c’était le père à Granval,
Il a été dans le coffre et a retiré une chaise roulante qu’il a déplié,
Puis il a sorti Granval de l’auto et il l’a assis dans le fauteuil.
Et Granval il est rentré à l’école dans son fauteuil roulant.
Il y avait un silence de mort.
Tout le monde s’était arrêté de jouer.
Il en menait pas large le Granval.
Alors, y a Toto qu’est allé le voir.
« ça va, ça roule comme tu veux ? » qu’il lui a demandé avec un petit sourire.
Le Granval il a baissé la tête.

Ce qu’on sait de son accident, c’est qu’un soir il s’est fait attaqué par des Gitans
Qui lui ont fracassé les jambes à coup de barres de fer.
Ça, c’est la version officielle.
Mais moi, j’ai une autre version,
Une version démonte pneu.
Un jour que j’étais avec Toto dans sa grange, il m’a montré le démonte pneu :
« c’est un démonte pneu qu’aime pas qu’on se moque des handicapés. »
Moi, du jour qu'il m’avait dit ça, je m’étais plus foutu de la gueule de Mathieu.

Toine.
Cellule 214.

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 00:00

J’ai cru en Dieu.
En Dieu tout Puissant.
En la Sainte Trinité et tout le Saint Frusquin.
 
C’était le jour où j’ai pénétré dans la petite église de Notre Dame de l’Immaculée Conception à Saint Fouquier.
Avant, je croyais en rien.
Ni Dieu, ni Maître, ni rien.
 
La lourde porte en bois a couiné comme un lapin qu’on torture, une douce odeur d’encens m’a envahi les narines, il n’y avait personne mis à part quelques statues de Jésus, de Marie et de je ne sais plus quels saints à la con, aux pieds desquels se consumaient des petites bougies à un euro.
Il y avait aussi dans un recoin, une grande croix qui devait faire au moins 3 mètres de haut, sans mentir.
 
Je me suis assis en face de la croix pour penser à ma vie, pour faire le point.
"  Ah Seigneur, que je lui ai dit, qu’est-ce que je fais sur cette foutue terre ? C’est quoi le sens de ma vie ?
 
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Tu réponds pas, t’es jamais là quand on a besoin de toi pourriture."
Mais au lieu de penser plus longuement à toutes ces choses si bien philosophiques, je me suis assoupi, peut-être même que je me suis endormi.
 
C’est un vacarme assourdissant qui m’a sorti de ma torpeur.
C’était comme de l’orgue.
C’était comme un déluge d’orgue.
 
Et puis, je l’ai entendu, Dieu, oui Dieu, avec sa grosse voix toute pleine d’écho, il me parlait, à moi, je peux vous dire que j’en menais pas large :
 
- Qui est celui-là qui mêle des sentences avec des discours inconsidérés et ignorants ?
 
- C’est Toto, que j’ai répondu tout tremblant.
 
- Ceignez vos reins comme un homme ferme ; je vous interrogerai et vous me répondrez.
 
- Bon ben d’accord Votre Seigneurerie, interrogez-moi et je tacherais de vous répondre du mieux que je pourrais.
 
- Où étiez-vous quand je jetais les fondements de la terre ? Dîtes-le moi, si vous avez de l’intelligence.
 
- Je sais pas, j’étais pas né je pense.
 
- Est-ce vous qui, depuis que vous êtes au monde, avez donné des ordres à l’étoile du matin, et qui avez montré à l’aurore le lieu où elle doit naître ?
 
- Non, c’est pas moi qui a donné l'ordre de piquer les toiles de la maison de la culture, et si vous voulez parler de l’Aurore du Bois D’Auris, la salope, c’est pas moi qui l’ai violé non plus, j’ai pas eu besoin, elle était déjà morte.
 
- Est-ce vous qui, tenant en votre main les extrémités de la terre, l’avez ébranlée, et en avez secoué et rejeté les impies ?
 
- Bon, j’ai bien été obligé de l’enterrer et je peux vous garantir qu’on est pas prêt de trouver son corps.
 
- Êtes-vous entré jusqu’au fond de la mer, et avez-vous marché dans les extrémité de l’abîme ?
 
- Sa mère à l’Aurore ? Alors là, c’est aussi une belle salope, et c’est vrai que je l’ai pénétré bien profond comme vous dîtes, vous en auriez fait autant, mais elle était consentante et je l’ai pas tué.
 
- Qui a laissé l’âne sauvage libre, et qui a rompu ses liens ?
 
- Putain, j’étais qu’un gosse, c’était pour faire une farce au cantonnier, vous allez pas me ressortir toutes mes conneries, parce que demain on y est encore.
 
- Le rhinocéros voudra-t-il bien vous servir, et demeurera-t-il dans votre étable ?
 
- De quoi vous parlez ?
 
- Lierez-vous le rhinocéros aux traies de votre charrue, afin qu’il laboure, et qu’il rompe après vous les mottes des valons ?
 
- Vous débloquez grave là Dieu, je vais sûrement pas allez piquer un rhinocéros au zoo pour vous faire plaisir.
 
- Est-ce que vous prétendez détruire l’équité de mes jugements, et me condamnez moi-même pour vous justifier ?
 
- Non, mais bon, un rhinocéros c’est pas une petite affaire.
 
- Avez-vous comme Dieu un bras tout-puissant, et votre voix tonne-t-elle comme la sienne ?
 
- Faut pas vous fâcher comme ça, mais je vois pas comment je peux aller piquer un rhinocéros, c’est tout, mais je peux y réfléchir, laisser moi le temps, sinon vous pouvez pas me demander d’autres trucs plus faciles.
 
- Pourrez-vous enlever Léviathan avec l’hameçon, et lui lier la langue avec une corde ?
 
- Ah ben voilà, ça, pas de problème, donnez-moi son adresse.
 
- Lui mettrez-vous un cercle au nez, et lui percerez-vous la mâchoire avec un anneau ?
 
- Ok, vous fournissez le matériel ?
 
- Le réduirez-vous à faire d’insultante prière, et à dire des paroles douces ?
 
- Tu peux compter sur moi Dieu, il va pleurer sa mère.
 
- Fera-t-il un pacte avec vous, et le recevrez-vous comme un esclave éternel ?
 
- Il me mangera dans la main une fois que je me serais occupé de ses affaires, tu peux croire.
 
 
- Vous jouerez-vous de lui comme d’un oiseau, et le lierez-vous pour vous servir de jouet à vos servantes ?
 
- Je vais le plumer l’animal, parole de Toto.
 
- Ferez-vous que vos amis le coupe par pièces, et que ceux qui trafiquent le divisent par morceaux ?
 
- Pas besoin de mes amis, je ferais ça moi-même, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Mes potes, ils risqueraient de saloper le travail. De toutes façons, mes amis sont tous en prison.
 
- Remplirez-vous de sa peau les filets des pêcheurs, et de sa tête le réservoir des poissons ?
 
- Si ça vous fait plaisir, je ferais ça aussi.
 
- Mettez la main sur lui ; souvenez-vous de la guerre, et ne parlez plus.
 
- J’y vais. Vous me donnez quand même son adresse ?
 
- Ma fureur s’est allumé contre vous et contre vos deux amis, parce que vous n’avez point parlé devant moi dans la droiture de la vérité, comme mon serviteur Job.
 
- Attends, tu te calmes, j’ai parlé dans la droiture là, j’ai dit que j’allais m’occuper de ton type et je vais m’en occuper c’est bon, en plus j’ai pas besoin d’amis que je t’ai dit, je vais tout faire tout seul, la langue, la mâchoire, le coupage en petit morceau, la tête dans le réservoir, tout, t’inquiète.
Et pour ce qui est de trouver un job, j’irais m’inscrire à l’ANPE après. Promis, juré. Pour l’adresse , t’occupe, je vais le chercher dans le bottin ton Léviathan.
 
Et je suis sorti en reculant et j’ai fait un espèce de signe de croix pour lui prouver que j’étais bien poli.
Alors que je poussais la lourde porte qui couine, j’ai entendu une voix qui venait du plafond et qui disait :
- A bientôt mon fils.
J’ai levé la tête et j’ai vu un curé dans sa chair, devant lui il y avait un micro et une bible grande ouverte.
Il m’a dit :
- Job, Chapitres XXXVIII, XXXIX, XL et XLII, des extraits bien sûr, pour mon sermon de ce dimanche, qu’en pensez-vous ? Vous viendrez ?
 
Ah, le salopard, j’aime pas qu’on me prenne pour un con.
Je l’ai crucifié sur la grande croix, le curé.
 
Toto.
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8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 00:00

C’était un jour comme un autre.
Sauf qu’il faisait beau et que les petits oiseaux chantaient.
Je me promenais tranquillement dans la forêts des Escarts, quand subitement,
j’ai eu envie de tuer quelqu’un.
Ça m’a pris comme une envie de pisser.
Une de ces envies d’étrangler un quelqu’un
et de le couper en petits morceaux de tailles à peu près égales ;
tout le monde a connu ça un jour dans sa vie.
Et bien moi, c’était dans la forêts des Escarts que ça m’a pris.
 
Je me suis rendu dare-dare dans la grande ville
qu’est à vingt minutes à peine en mobylette,
et ça tombait bien puisque j’étais en mobylette justement.
Trente minutes plus tard (j’avais attaché ma mobylette à un arbre,
ce qui m’avait pris quelques bonnes minutes),
je flânais dans les ruelles désertes à la recherche d’une proie facile 
( j’avais pas envie de me prendre la tête);
mon désir de tuer un quelqu’un ne m’avait pas quitté de tout le chemin,
et c’était bien.
 
Je ne sais pas pourquoi je suis rentré dans cet immeuble,
mais j’y suis rentré, c’est un fait indéniable et irréfutable.
Au premier étage,
Patrick Poivre d’Arvor racontait les informations derrière une porte.
Je ne sais pas pourquoi j’ai tourné la poignée de cette fameuse porte,
Je ne sais pas pourquoi elle s’est ouverte
(peut-être n’était-elle pas fermée à clef, tout simplement),
Enfin, j’ai pris ça comme un encouragement.
 
Je me suis dirigé à pas de loup
(bien que je n’ai que deux pattes alors que les loups en ont quatre
comme vous devez le savoir si vous vous intéressez un tant soit peu à la géographie)
vers la voix de PPDA en parcourant un petit couloir sombre qui sentait le moisi,
j’ai atterri (c’est une façon de parler)
dans une salle à manger de fort mauvais goût
(c’est aussi une façon de parler, j’ai pas léché les murs),
Et que vois-je ?
Que vois-je ??
Un type qui dormait la tête dans son assiette,
je me suis approché doucement et là, horreur…
j’ai pu constater légistement qu’il avait un couteau de planté dans l’abdomen,
il y avait du sang partout sur son tee-shirt,
c’était un véritable carnage que j’aurais pas fait mieux,
et pendant ce temps,
ce con de PPDA continuait à raconter la politique comme si de rien n’était.
 
Et puis tout est allé très vite :
Deux types sont entrés,
" Qu’est-ce que tu fous là, toi ? ", " Merde, il a tué papa le salaud !",
Ils m’ont sauté dessus, je me suis débattu,
mais ils étaient super costauds, genre première ligne de rugby,
et ils m’ont tabassé sévère en gueulant,
" Police ! Police ! Il a tué papa ! Il a tué papa ! ".
Je ne sais pas vous, mais moi j’ai jamais vraiment aimé le rugby,
en encore moins ce jour là.
En moins de temps qu’il n’en faut pour marquer un essai,
il y avait un attroupement dans la pièce, et la police n’a pas tardé a rappliquer.
J’avais beau crier que j’avais pas tué papa,
 personne ne m’a cru et encore moins la police.
 
Au poste, les poulets m’ont cuisiné,
je préfère quand c’est l’inverse, si un jour on a l’occasion,
je vous ferais goûter mon poulet basquaise, c’est un régal.
" Qu’est-ce que je foutais là ? ", " Pourquoi, je l’avais tué ? ",
" Qu’est-ce que j’avais volé ? ", " Est-ce que j’étais fiché ? ",
" T’es un sacré malade. "
On avait relevé pas moins de 48 coups de couteaux sur tout le buste de la victime.
 
Et plus je disais que c’était pas moi, plus ils me croyaient pas.
J’étais bon pour le trou.
Ils pronostiquaient dix ans si j’avouais,
vingt ans si j’avouais pas voire perpette,
parce que des types comme moi ça devrait pas exister.
 
Bon,
je ne vais pas faire durer ce suspens insoutenable parce que j’ai autre chose à faire,
mais je n’ai fait, au bout du compte,
que dix jours parce que j’ai été innocenté comme deux justes.
 
Un inspecteur consciencieux,
oui ça existe bien que cela puisse paraître improbable,
a fait une enquête minutieuse
et a pu finalement reconstituer les évènements dramatiques tels qu’ils se sont déroulés.
Si vous le souhaitez,
je vais vous en déposer ci-dessous les conclusions
(si vous ne le souhaitez pas, vous pouvez arrêter votre lecture ici,
pour les autres je vous prie de bien vouloir me suivre) :
L’homme n’avait pas été assassiné comme on pouvait le penser au premier abord
mais il s’était tué lui-même.
Mais comment donc ?
Quarante huit coups de couteaux !
Lui-même !
Impossible, assénez-vous certain d’être dans votre bon droit.
 
C’est pourtant simple et tellement évident.
Il faut savoir que le pauvre bougre,
en plus d’être distrait,
était atteint de la maladie de Parkinson avec crises aiguës et subites,
vous l’avez donc compris,
pas besoin de vous faire un dessin et c’est tant mieux car je ne sais pas bien dessiner,
il avait saisi son couteau à l’envers, la pointe vers lui,
la suite coule de source pour qui connaît cette maladie,
pour les autres rendez-vous sur le Larousse médical page 749.
La vie est parfois d'un comique.
 
J’ai été libéré avec les excuses du procureur de la république,
et la république, brave fille,
m’a donné 1500 euros de dommages et intérêts.
Quand on dit que le crime ne paie pas, je suis bien d’accord.
 
Toto.
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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 00:00

Ça y est, j’ai tué mon premier vieux.
J’ai profité de la canicule.
Je l’ai choisi bien blette, qui sentait le moisi, un qui avait du vécu.
J’ai préféré prendre un vieux plutôt qu’une vieille.
Un vieux me semblait moins sale,
Me demandez pas pourquoi.
En fait, ça doit être à cause des odeurs des parties génitales,
Je sais pas.
Je me suis déguisé en La Mort avec une faux que j’avais fauché au père Plumart.
Il habitait un petit pavillon en bordure de la ville.
Il était minuit quand j’ai sonné à sa porte.
Il dormait pas, on aurait dit qu’il m’attendait.
Il a ouvert, il m’a dévisagé et il a dit :
- C’est pas trop tôt, c’est à c’t heur-ci qu’t’arrives salope ?
- J’arrive à l’heure que j’peux, que j’ai répondu penaud.
- Ben entre, qu’il m’a dit, tu vas attraper la crève.
Et il s’est marré.
- Tu veux un café ? qu’il m’a demandé.
- Je préférerais une petite bière, que j’ai répondu.
- C’est donnant-donnant, hein pourriture ? 
Devant mon étonnement , il a précisé :
« Tu veux une bière en échange de celle que tu vas m’offrir tout à l’heure, c’est comme une consigne. »
J’ai dit oui sans bien comprendre ce qu’il voulait dire, du moment qu’il me ramenait ma bière, le vioque.
Il m’a ouvert une Kronenbourg qu’il m’a refilé sans verre parce qu’il voulait pas faire la vaisselle.
Il hochait doucement la tête pendant que je faisais couler le houblon dans ma gorge.
- Tu m’as piqué mon chien, tu m’as piqué mes enfants, tu m’as piqué ma femme, tu m’as laissé tout seul comme un con toutes ses années ordure, et te voilà la gueule enfarinée avec ta faux. Pourquoi t’as pas pris ma femme plus tôt ? J’aurais pu profiter de la vie.
Mais non, t’as attendu que j’ai soixante quinze balais et pendant douze ans, j’ai continué de pourrir tout seul en regardant les jeunettes qui se trémoussent du cul à la télé sans aucun espoir de rien.
T’as fini ta bière, crevure, qu’on en finisse ?
Tu vas m’emmener où ? 
- Retrouver votre femme au Paradis. 
- La merde ! Tu m’emmènes où tu veux mais pas rejoindre cette connasse.
- Bon, alors en enfer , que j’ai dit , si c’est votre dernière volonté. 
- C’est ma dernière. 
Je lui ai dit d’aller s’asseoir dans son fauteuil qu’était dans le salon au papier peint qui représentait des scènes de chasse, face à la télé.
Il s’est installé.
Je savais pas trop comment le trucider.
Y avait bien ma faux, mais j’ai pas envie de foutre du sang de partout.
Dans la cuisine, il y avait un sac Leclerc qui protège l’environnement ;
Je le lui ai foutu sur la tête et je l’ai étouffé.
Il s’est pas débattu, rien.
Quand j’ai retiré sa tête du sac Leclerc qui protège l’environnement, elle souriait sa tête.
J’ai rempli le sac de vieux trucs que j’ai trouvés en fouillant, et que je refilerais à droite et à gauche, je lui ai allumé la télé avant de partir, y avait une émission sur la pêche à la mouche ;
Les mouches, elles allaient pas tarder à radiner.
Ils ont découvert son corps qu’au bout d’une dizaine de jours, à cause de l’odeur dans le quartier.
 

Ça a fait une pleine page dans le journal local, sur les vieux qui sont tout seuls et qui boivent pas assez d’eau que c’est triste.

Toto.

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 00:00
Il n'avait jamais dit à personne ce qu'il avait vu ce soir-là devant le moulin,
C’est qu’il m’avait fait cavaler le salaud,
Je ne l’avais rattrapé qu’au petit bois du Mouillaud,
Juste le temps de le planter,
Mais je savais pas qu’on pouvait courir encore un bon kilomètre avec un couteau planté dans la couenne,
C’est qu’à la carrière qu’il s’est effondré,
Quand je l’ai rejoint
Il était allongé sur le ventre,
Le surin lui faisait comme une petite croix dans le dos,
Il respirait encore,
Il était coriace,
Il a tourné la tête vers moi et m’a imploré
« Je ne dirais jamais rien à personne »
Je lui ai fracassé la gueule avec une pierre.
C’est mieux comme ça.

Toto.
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17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 00:00

J’étais trop énervé.
D’habitude je vais à la chasse avec Toto,
Mais là, il a pas pu venir qu’il avait des trucs à faire.
J’étais trop énervé.

C’est Toto qui m’a présenté la Josette.

Rien avait été.
C’était une belle journée qui s’annonçait pourtant.
J’étais parti à l’aube.
Avec Tito.
C’est mon chien.
Un braque slovaque à poil dur.

Je t’ai trouvé une femme qu’il m’avait dit un jour.
Faut que tu te dégorges le poireau qu’il avait ajouté.
Et il m’a présenté la Josette.


On a fait le tour du champs à chez Merlu.
Sans voir la queue de rien.
Bon, que je dis, on va aller au lac de la Soubrette.
Y aura bien un canard à tirer.
Tu parles.
Pas une plume.

 

La Josette elle était amoureuse de Toto.
Toutes les filles elles étaient amoureuses de Toto.

Bon, que je dis, on va aller au petit bois du père Fouillard.
Je me poste derrière le talus de la Bourgne et j’attends.

Il était pas terrible pourtant.
Ça devait être à cause son regard.

Une heure. 

La Josette elle était pas terrible non plus.
Mais bon, c’était une femme quand même.

Deux heures.


Toto lui a dit, tiens voilà ton mari.
La Josette elle était prête à tout pour Toto.
Même à me marier.
C’est dire comment elle était amoureuse de Toto.

Bon, je vais me rentrer que je dis. 

Y a des jours comme ça.
C’est alors que je l’ai vu.
Un splendide chevreuil.
Je charge.
J’épaule.
Et au moment où je vais tirer
Ce con de Tito qui me cogne la jambe droite
Et le coup il part en l’air.
Tu penses que le chevreuil y file dans le bois
Sans demander son reste.
Bordel de merde.
Alors, vous pensez bien
Que quand je suis rentré
Et que j’ai vu  la Josette affalée dans le fauteuil
A regarder la télé et qu’avait pas fait la soupe
Ça m’a énervé et je l’ai descendu.
Et y avait pas Tito qu’était dans mes pattes.
Si vous voyez Toto , vous pouvez lui dire que c’est qu’un sale con.

Toine.

 

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